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Victime d’une fraude électorale lors de l’élection présidentielle de 1988, cet homme politique avait fondé le Parti de la révolution démocratique, réunissant les principales forces de gauche du pays. Il s’est éteint le 28 octobre à 92 ans.
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Figure morale de la gauche du Mexique et icône de la lutte pour la transition démocratique du pays, Cuauhtémoc Cardenas est mort à 92 ans, le 28 octobre à Mexico. Ce grand homme politique, qui fut sénateur, gouverneur de l’Etat du Michoacan, premier maire de Mexico sorti des urnes et trois fois candidat à la présidence, avait bousculé le système politique hégémonique et autoritaire mis en place par le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) pendant plus de soixante-dix ans au Mexique, que l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa avait qualifié en 1990 de « dictature parfaite ».
En 1987, ce diplômé d’ingénierie civile avait rompu avec le PRI, après avoir tenté, en vain, d’y instaurer une ouverture démocratique avec un groupe d’amis eux aussi dissidents. Le divorce était d’autant plus fort, symboliquement, que Cuauhtémoc Cardenas, né en 1934, était le fils du général Lazaro Cardenas, un illustre président (1934-1940) issu du PRI, que l’on honore encore aujourd’hui pour la nationalisation du pétrole en 1938, et pour sa politique sociale orientée vers les plus pauvres.
En 1988, celui que l’on surnommait « l’ingénieur » s’était lancé dans la campagne présidentielle en unifiant les courants de la gauche contre le PRI et contre son candidat Carlos Salinas, un adepte des idées néolibérales alors en vogue. Malgré une campagne inéquitable, pendant laquelle Carlos Salinas avait bénéficié des ressources du gouvernement et de la structure électorale du PRI, Cuauhtémoc Cardenas était parvenu à générer un mouvement populaire massif autour du slogan « Pour la démocratie » et avec la promesse de donner la priorité aux classes défavorisées plutôt qu’aux remboursements excessifs de la dette.
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Source: Le Monde · Mathieu Tourliere
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