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Tribune
Collectif
A quelques jours de l’ouverture de la COP31 à Antalya, en Turquie, les responsables des principales ONG pour l’accès à l’énergie et la transition écologique demandent, dans une tribune au « Monde », aux principaux candidats à l’élection présidentielle de 2027 de s’engager sur les questions énergétiques.
Publié aujourd’hui à 16h00 Temps de Lecture 4 min.
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Si la France a décarboné en quasi-totalité son électricité, elle ne réussit pas encore à se passer du pétrole et du gaz dont nous dépendons encore pour nous loger, nous déplacer, ou faire fonctionner notre industrie. Ce paradoxe, souvent absent des débats sur le mix énergétique français – malgré l’engagement d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 –, fera partie des sujets que la présidentielle de 2027 devra trancher. Or, la Conférence des parties (COP31), qui se tiendra en Turquie, à Antalya, du 9 au 20 novembre, offre justement une occasion rare de lancer ce débat. La présidence turque de la COP a en effet choisi de faire de l’électrification l’une de ses priorités. Son ambition est de porter de 20 % à 35 %, d’ici à 2035, la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie mondiale.
En effet, le prochain quinquennat sera décisif pour l’avenir énergétique de la France. La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE3], adoptée en février, prévoit de porter la part de l’électricité dans notre consommation finale de 27 % en 2023 à 38 % en 2035, et de ramener celle des fossiles de 58 % à 29 %. Cela implique des politiques publiques, des investissements et des choix pour aider les ménages, les entreprises et les collectivités à s’électrifier. Car, derrière cet objectif, se joue la réduction de la demande, ainsi que le remplacement des chaudières au gaz et au fioul, des moteurs thermiques et des procédés industriels fossiles par des solutions électriques et propres.
Or, le décret de la PPE3 prévoit expressément qu’une révision simplifiée pourra être engagée en 2027, notamment pour ajuster le développement des renouvelables à l’évolution de la demande d’électricité et des capacités décarbonées. Autrement dit, il donne de facto au futur président ou à la future présidente les clés du destin énergétique du pays pour les dix prochaines années. Or, cet enjeu géopolitique, économique et industriel mérite un débat national.
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Source: Le Monde · Collectif
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