Lassine Sinayoko, meilleur buteur du championnat de France, est le visage d’un Paris FC à la hauteur de ses ambitions avant le déplacement à Auxerre samedi (19h), dans le cadre de la 10e journée.

Pierre Ferracci prolonge le plaisir. Après un vibrant hommage avant le match, deux tifos distincts et un quart d’heure passé au milieu des ultras Lutetias, le président sortant du Paris FC, vingt ans au club dont près des deux tiers à sa tête, profite au pied de la tribune Gilardi. Il se fait taquiner par ses joueurs, dont Lassine Sinayoko, sourire aux lèvres et prompt à laisser le futur ex-président prendre la lumière, alors qu’il sort d’une performance majuscule, encore, qui a éparpillé l’AS Monaco (victoire 3-1).

Dans la froideur de la capitale, par un dimanche d’automne déguisé en hiver, le Franco-malien a réchauffé les cœurs. Il a ouvert le score après avoir forcé une erreur monégasque de par son pressing (38e), a battu Eric Dier à la course avant de conclure avec sang-froid (44e) et a montré sa qualité balle au pied et sa clairvoyance pour offrir un but à Pablo Pagis (74e). Entrée, plat, dessert. Les 19.000 âmes au stade Jean-Bouin l’ont fort logiquement ovationné à sa sortie (79e).

Passer la publicité

Des statistiques dignes de Mbappé

«Depuis le début de saison, il a été constamment exceptionnel», saluait son entraîneur Liam Rosenior. L’ancien Auxerrois, recruté pour 7,5 millions d’euros l’été dernier, avait déjà signé un triplé contre Marseille (2-3 le 6 septembre) ainsi que deux buts et deux passes décisives contre Rennes (4-3 le 18 octobre). Il est le meilleur buteur de Ligue 1 (8) et le deuxième meilleur passeur (5). Mieux : seuls Raphinha (18), Lamine Yamal (17) et Kylian Mbappé (14) ont été impliqués sur plus de buts que lui dans les cinq grands championnats européens.

Les chiffres sont affolants pour celui qui s’était contenté de 12 buts et 4 passes décisives en 32 matches de L1 la saison dernière à l’AJA, qu’il retrouvera ce samedi à l’Abbé-Deschamps. «Tout le monde va parler des buts, mais ce que j’ai surtout apprécié, c’est son attitude, soulignait Rosenior. il travaille tellement dur. Il est tellement altruiste dans son pressing et la manière dont il défend pour l’équipe.» Son coéquipier Diego Coppola corroborait : «On voit tous ce qu’il fait. Il est fort, il marque, délivre des passes décisives, mais surtout il travaille pour l’équipe.»

Une lucidité à toute épreuve

Interrogé en zone mixte, le principal intéressé ne s’épanchait pas sur son cas personnel, redoublant de «on» pour mettre en valeur tout un groupe. Il aurait pourtant pu vanter son insolente régularité, ses fulgurants progrès à 26 ans (27 dans un mois) et sa palette élargie d’attaquant. Contre Rennes, il avait marqué d’un retourné acrobatique, et provoqué puis transformé un penalty en fin de match. Contre l’OM, buteur de la tête et encore sur penalty dans les dernières minutes, malgré la pression du Vélodrome.

Ses statistiques sont le fruit d’une lucidité réservée aux attaquants d’élite, et d’un gros travail sur «son positionnement» comme l’expliquait Rosenior. Natif de Bamako, enfant du Val-d’Oise où il a mis les pieds à l’âge d’un an, l’international malien (32 sélections, 11 buts) est aujourd’hui le porte-drapeau du Paris FC, 4e de Ligue 1. Le club désormais présidé par Antoine Arnault, racheté par sa famille avec le soutien de Red Bull il y a deux ans, serait sur le podium des budgets du championnat.

Il réalise son ambition après une saison faite de hauts et de bas, lors de laquelle Antoine Kombouaré avait été appelé à la rescousse pour éviter une rechute en Ligue 2. Désormais, sa colonne vertébrale se connaît mieux, ses jeunes sont plus aguerris, et c’est un entraîneur qui a déjà fait ses preuves en France, à Strasbourg, qui orchestre le tout. Avec trois points de retard sur son voisin de leader parisien, le PFC fait comme Sinayoko : s’inviter dans la cour des grands.

Source: Le Figaro · Sébastien Ferreira

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira