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Face aux avancées de l’intelligence artificielle, les « matheux » tentent de réfléchir aux transformations de leur métier. C’est dans ce cadre que plusieurs dizaines d’entre eux se sont réunis, mardi, à Paris pour des ateliers d’une journée.
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L’onde de choc déclenchée par les derniers modèles d’intelligence artificielle continue de secouer la recherche en maths. Le 26 octobre, OpenAI, après une mise en ligne de plus de 700 problèmes trois semaines plus tôt, a annoncé des avancées sur trois nouveaux grands problèmes, dont des experts doivent valider les preuves. Pour l’un, Anthropic a également sa propre démonstration.
Dans ce contexte s’est tenue à Paris le 3 novembre une réunion, originale sur la forme, pour collectivement « dessiner les trajectoires de l’IA et de la recherche mathématique ». « Sans chercher à lisser les tensions ou les désaccords », précisait l’invitation pour témoigner du chamboulement quasi existentiel en cours. Environ 70 mathématiciennes et mathématiciens de laboratoires parisiens, et de tous âges ou sous-disciplines, étaient invités à débattre, en petits groupes, pour dresser une liste « d’appels à actions ». « Ça m’amuse de moins en moins de faire des maths à cause de l’IA », constate une participante. « C’est une bonne initiative pour nous sortir des conversations de la machine à café », apprécie un de ses collègues plus optimiste.
L’initiative émane du Laboratoire fabrique de pensée critique de l’Institut national des sciences appliquées de Rennes, créé en 2024 dans le but de « repenser la place des techniques pour accompagner la soutenabilité écologique et sociale de nos sociétés ». A la manœuvre, la designeuse et ingénieure de recherche Zoé Aegerter.
En introduction, elle a dressé une cartographie de cette controverse, basée sur l’étude d’une quarantaine de textes et d’une vingtaine d’entretiens avec des spécialistes, notamment recrutés grâce au collectif « Automath », qui discute des progrès de l’IA. Elle distingue notamment plusieurs positions vis-à-vis de ces innovations : appel à résister, à négocier, à s’adapter ou à spéculer (imaginer des futurs lointains souvent pessimistes).
« On ne peut pas attendre »
Avant le lancement des débats en petits groupes, deux participants ont résumé leur état d’esprit. Isabelle Gallagher, présidente de la Société mathématique de France, essaie de rester optimiste et veut déterminer « comment vivre avec les nombreuses façons de faire des maths ». Elle souhaite que personne ne soit « abandonné », citant le cas des jeunes ou de celles et de ceux qui souhaitent continuer sans IA.
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Source: Le Monde · David Larousserie
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