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Saudi Arabia-bound passengers remain stranded at the Hazrat Shahjalal International Airport in Dhaka on October 12, 2026, after their flights were cancelled a day after a Houthi strike at Riyadh's international airport. Saudi Arabia's civil
PIYAS BISWAS/AFP

Par Eric Béziat

Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 09h04

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ExplicationsUn double phénomène transforme depuis plus d’une décennie la géographie de l’aviation commerciale : le retour de contraintes géopolitiques inédites depuis la guerre froide et le basculement vers l’Asie du centre de gravité du transport aérien. Etat des lieux en cartes et infographies.

Des essaims de drones qui volent chaque nuit dans les ciels russe et ukrainien ; l’aéroport de Riyad mis à l’arrêt le 10 octobre et qui peine à rouvrir après une série de frappes mortelles dans l’aérogare ; l’espace aérien au-dessus de l’Iran devenu une « no-go zone », et des pans entiers de la planète interdits de survol ou partiellement fermés : en 2026, la guerre rogne plus que jamais l’espace aérien mondial. La dernière illustration de l’immixtion des conflits dans les affaires de l’aviation est survenue vendredi 23 octobre, quand le département américain des transports a annoncé qu’il infligeait à Air France-KLM une amende de 425 000 dollars (380 000 euros) pour avoir assuré des dizaines de vols dans l’espace aérien irakien à une altitude inférieure au niveau requis de sécurité.

Bienvenue dans un monde du transport aérien où la géopolitique dicte de plus en plus sa loi : une situation inédite depuis la guerre froide. Au temps du rideau de fer (1946-1989), le risque pour l’aviation civile avait culminé en 1983, lorsque l’aviation soviétique avait abattu un Boeing 747 de la Korean Air Lines avec 269 personnes à bord, entré par erreur dans l’espace aérien de l’URSS. A partir des années 1990, le ciel mondial avait paru s’ouvrir pour de bon : libéralisation, multiplication des liaisons, montée en puissance des compagnies du Golfe. Or, depuis une quinzaine d’années, le mouvement semble sinon s’inverser, du moins se gripper.

Le retour du conflictuel dans le ciel se matérialise d’abord dans les trajectoires des avions et la complexification des plans de vol. Mais, plus largement, depuis les années 2010, un grand bouleversement des routes aériennes est en cours, à double titre. Aux problématiques géopolitiques s’ajoute une dimension économique qui a suscité l’émergence de nouvelles puissances de l’aviation commerciale, du Proche-Orient à l’Extrême-Orient. Cette révolution à vitesse lente a fait dériver le centre de gravité du transport aérien planétaire de l’Occident vers le continent asiatique.

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Source: Le Monde · Eric Béziat

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