TRIBUNE - Les scènes d’émeutes et de pillages vécues les 17 et 18 octobre dans plusieurs villes de France ont montré une déliquescence avancée de l’État, ainsi que la vacuité d’un pouvoir discrédité par son refus d’exercer ses fonctions régaliennes traditionnelles.
Les révolutions ont-elles jamais été autre chose qu’un coup d’État ? Par définition, les tentatives de coup d’État ont toujours été inspirées par le délitement de la puissance publique. Le pouvoir est pris parce qu’il est à prendre. Aujourd’hui en France, le pouvoir est vide. Ceux qui en ont été chargés ont peu à peu perdu toute autorité, ou semblent même l’avoir abandonnée, sans pour autant quitter leurs fonctions.
L’effondrement a commencé bien avant 2017, probablement à la fin des années 1980, ce dont témoigne en particulier la montée en puissance des performances électorales du FN, à partir des élections municipales de 1983, des européennes de 1984, des législatives de 1986, et du succès personnel de Jean-Marie Le Pen, à partir de l’élection présidentielle de 1988. En 2017, la victoire d’Emmanuel Macron est le résultat d’une désagrégation – largement entamée antérieurement –, d’un discrédit continûment croissant du pouvoir politique, de ses élites, de ses élus, de ses partis, de…
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Source: Le Figaro · Dominique Reynie
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