Une nouvelle attaque terroriste frappe le territoire français. Un homme soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration a tué une personne et fait cinq blessées vendredi dans les communes de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines, après avoir tiré en rafales depuis une voiture. 

En déplacement dans cette ville de banlieue populaire au sud-ouest de Paris, Laurent Nuñez, accompagné de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé un "crime terroriste" et "un acte extrêmement grave", se félicitant que le "périple meurtrier" ait été interrompu.

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  • Les circonstances de l’attaque 

L’attaque s’est produite vers 10h30, selon une source proche du dossier. Le suspect, qui circulait à bord d’une Clio grise, a d’abord tiré en rafales  au niveau de l'arrêt de bus place Van Gogh à Trappes. Il s’est ensuite rendu dans plusieurs autres endroits de la commune, dont la Poste, le square Pergaud, une station-service sur la RN10 et une maison de santé. Puis, l’homme a filé sur la commune voisine de La Verrière, où il a tiré près d'une pharmacie, de la gare SNCF et rue Marcel-Rivière. En tout, l’attaque a duré "un petit quart d'heure", a indiqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñes, à la presse.

Cinq policiers de la brigade anticriminalité (Bac) de Saint-Quentin-en-Yvelines ont arrêté l’individu à Coignières, moins de 10 minutes après les premiers appels au 17 reçus par le CIC78 (centre d'information et de commandement des Yvelines). Les policiers ont “très probablement - l'enquête le confirmera ou pas - interrompu ce périple meurtrier en cours", qui a “fait beaucoup de victimes”, a poursuivi le ministre. 

  • Le suspect 

Le suspect, placé en garde à vue, se prénomme Kévin. Ågé de 39 ans, l'individu est de nationalité française et originaire de la commune de Plaisir, une banlieue proche du lieu des attaques.

L’homme n'était pas connu des services de renseignement et ne figurait pas comme membre de la mouvance d'ultradroite. En revanche, il était connu du fichier des antécédents judiciaires (TAJ) pour des faits de délinquance de droit commun, notamment pour vol, vol à l'étalage et des infractions liées aux stupéfiants (vraisemblablement pour usage). 

Lors de son arrestation, le suspect détenait à bord d'un véhicule un véritable arsenal. Il a utilisé une arme automatique de catégorie A (normalement strictement interdite). Selon les premières constatations, il s'agirait d'un pistolet-mitrailleur de type Sten MK II, une arme ancienne datant de la Seconde Guerre mondiale. Il transportait également plusieurs grenades de gaz lacrymogène dans son véhicule.  

L'immeuble où réside l'homme suspecté a été évacué et son quartier bouclé, a constaté un journaliste de l'AFP, après que la police a trouvé des bonbonnes de gaz à son domicile. 

  • Les motivations du prévenu 

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s'est rapidement saisi des faits. Il a annoncé avoir ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".

En déplacement dans cette ville de banlieue populaire au sud-ouest de Paris, Laurent Nuñez, accompagné de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé un "crime terroriste" et "un acte extrêmement grave", se félicitant que le "périple meurtrier" ait été interrompu.

Après s'être entretenu avec le ministre de l'Intérieur, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a estimé que la tuerie était "objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe".

"C'est probablement l'un des premiers, une première tentative de crime de masse à connotation islamophobe et raciste", a déclaré l'édile, appelant à la "concorde républicaine".

  • Les victimes 

Dans son périple meurtrier, le tireur a tué une personne et en a blessé cinq autres : 

- La personne décédée : un jeune homme de 26 ans, d'origine africaine selon le maire de Trappes, est décédé, succombant à ses blessures. Il a été abattu en pleine rue à Trappes, à proximité d'une aire de jeux.

- Une enfant de 12 ans : elle a été prise pour cible à La Verrière alors qu'elle rentrait de la piscine avec un foulard sur la tête. Elle a été touchée par huit impacts de balle. Transportée en urgence absolue à l'hôpital Necker, son état de santé a pu être stabilisé par les médecins. 

- Un jeune homme de 21 ans : il a été très grièvement blessé par plusieurs projectiles alors qu'il se trouvait devant une station-service à Trappes. Le maire de la ville a précisé qu'il est d'origine maghrébine. 

- Deux agents d'entretien (29 et 47 ans) : ces deux hommes, également de type africain selon la municipalité, ont été visés et grièvement blessés par balles alors qu'ils travaillaient à proximité d'une pharmacie à La Verrière. Leurs jours ne sont plus en danger. 

  • Condamnations unanimes de la classe politique 

Sur X, le président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé que "la Nation" se tenait "aux côtés" des victimes et des habitants des villes concernées par cette "terrible épreuve". Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a qualifié les faits de "très graves", assurant que "l’ensemble des moyens des forces de sécurité et de l’autorité judiciaire sont pleinement mobilisés." 

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Raphaël Glucksmann a également condamné ces crimes. "Nous sommes tous saisis d’effroi face à l’attentat raciste commis à Trappes et à La Verrière. Une personne a été tuée, quatre autres ont été blessées. Parmi elles, une fillette de 12 ans, touchée par huit balles. Huit balles dans le corps d'un enfant."

Marine Le Pen a pour sa part évoqué sur X un "épouvantable drame" et un "acte barbare dont les motivations devront être établies."

"À Trappes, l’horreur a frappé", a réagi l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. "L’enquête devra dire les motivations de l’auteur de cet acte ignoble", a-t-il ajouté, avant de rappeler que "le terrorisme doit être combattu sans relâche, avec une détermination absolue." 

Autre prétendant à l’Élysée, Jean-Luc Mélenchon a martelé que "le racisme tue". "À Trappes, au moins un mort et quatre blessés graves, parmi lesquels une enfant de 12 ans. Le Parquet national antiterroriste est saisi pour assassinat raciste en lien avec une entreprise terroriste. Face à ce crime odieux, tous les êtres humains se souviennent qu'ils sont semblables en se voyant tous horrifiés et indignés."

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Gabriel Attal (Renaissance) a regretté sur X une "barbarie innommable". Et de poursuivre : "La haine tue. La haine déchire notre pays. La haine doit cesser. Notre pays, la France, ce n’est pas ça. Je sais que l’immense majorité des Français ne le supporte plus".

Enfin, Clémentine Autain s’est dite "horrifiée". "Toutes mes pensées vont aux victimes et à leurs proches", a-t-elle écrit, estimant que "ce climat de violences extrêmes est nourri par ceux qui prônent la haine de l’autre."

Source: France 24 · Aude MAZOUE

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