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vidéo Invitée d’« Un Monde d’avance », le nouveau rendez-vous entre des dirigeants de grandes entreprises, des journalistes du « Monde » et des jeunes, la directrice générale d’Orange examine les enjeux du secteur des télécommunications, du rachat de SFR à la souveraineté technologique française et européenne, en passant par l’essor de l’intelligence artificielle.
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La version retranscrite de cet entretien a été retravaillée et raccourcie pour une meilleure lisibilité. Ecoutez et suivez « Un Monde d’avance » sur Lemonde.fr et toutes les plateformes de podcast.
En quoi le rachat collectif de SFR par un consortium composé par Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange est-il stratégique pour l’avenir du groupe Orange, sachant que cette opération à 21 milliards d’euros doit encore être acceptée par l’Autorité de la concurrence ?
On parle souvent d’un marché à quatre opérateurs en France et tout le monde s’est habitué à ce paysage. Mais l’Europe des télécoms demeure extrêmement fragmentée, avec bien plus d’acteurs que partout ailleurs dans le monde. Aux Etats-Unis, où des mouvements de consolidation ont eu lieu ces dix dernières années, il n’y a que trois grands opérateurs. C’est également le cas en Chine, comme en Inde.
Or notre métier repose sur des coûts fixes et sur une taille critique. Aujourd’hui, un groupe comme Orange a pour partenaires ou fournisseurs des géants du numérique : nous avons donc besoin d’une taille critique pour peser. Le sujet de la consolidation et du passage de quatre à trois acteurs est inéluctable dans l’industrie des télécoms. Cela soulève de nombreuses questions, et c’est à l’Autorité de la concurrence d’examiner le dossier.
L’Europe elle-même revoit sa politique en matière de fusions : le prisme dominant a longtemps été de privilégier le pouvoir d’achat et les prix bas pour le consommateur. Evidemment, une telle opération n’a pas vocation à dégrader cet aspect, qui reste essentiel, en particulier dans la période actuelle.
Mais nous exerçons une activité qui exige d’investir massivement dans des infrastructures essentielles. Les télécoms constituent la colonne vertébrale de l’activité : sans elles, plus rien ne fonctionne, l’industrie et l’économie s’arrêtent.
Malgré vos promesses de ne pas augmenter les prix, certains le redoutent…
C’est une inquiétude tout à fait légitime et l’Autorité de la concurrence examinera le dossier avec toute la rigueur requise. Mais regardons l’expérience de nos précédentes opérations. En Espagne [où Orange a fusionné avec son rival MasMovil en 2024], on nous opposait exactement ces arguments : les autorités européennes de la concurrence craignaient une hausse des tarifs et les modélisations d’experts prédisaient une augmentation de 10 %. L’opération a été menée en 2024, et deux ans et demi à trois ans plus tard, les prix ont en réalité baissé de 10 %.
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Source: Le Monde · Pierre Manière
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