Au moins 68 personnes ont été tuées et plus d'une centaine d'autres blessées dans la collision, mercredi 28 octobre, de deux trains grande vitesse à environ 150 km au sud de Madrid, selon les autorités espagnoles, qui ont évoqué une possible erreur humaine à l'origine de cette tragédie.
Cet accident meurtrier est l'une des pires catastrophes ferroviaires de l'histoire récente de l'Espagne, moins d'un an après une collision entre deux trains à Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts.
Notre direct du 28 octobreEspagne en direct : au moins 68 morts dans un accident ferroviaire, la piste de "l'erreur humaine" privilégiée
Violente collision
"Il y a eu un choc très violent", a raconté Pablo Mejía, 42 ans, à l'Agence France-Presse (AFP), évoquant "les gens au sol, les uns sur les autres, des sièges arrachés, une grande confusion", dans l'un des trains accidentés, celui de la Renfe, la compagnie nationale.
Accueilli dans l'un des centres d'accueil d'Urda, la commune de Castille-La-Manche où s'est produit l'accident, il porte des blessures au visage et son pull gris est maculé de sang.
Il estime devoir son salut à un simple changement de place en cours de trajet, afin de ne pas gêner une passagère : "C'est ce qui m'a sauvé la vie."
"Toute l'Espagne est en deuil", a de son côté solennellement déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez depuis le centre de coordination des secours, jugeant "inacceptable" que le pays ait subi deux accidents ferroviaires majeurs "la même année".
Le dirigeant socialiste a décrété trois jours de deuil national, de jeudi à samedi, alors que le bilan ne cesse de s'alourdir, s'établissant désormais à 68 morts, selon le président de la région, Emiliano Garcia-Page. Les autorités ont également fait état de 108 blessés, dont 58 hospitalisés.
La piste de "l'erreur" humaine privilégiée
Face à la presse, le ministre des Transports Oscar Puente a fourni des détails sur les circonstances de l'accident, survenu "à 8 h 53" (7 h 53 GMT) entre un train de la compagnie privée Iryo – filiale à 51 % des chemins de fer italiens Ferrovie dello Stato Italiane S.p.A. (FS) –, avec 152 personnes à bord, et un de la Renfe, qui transportait près de 400 passagers.
D'après son récit, le système de signalisation LZB est tombé en panne "vers 8 h 30", provoquant tout d'abord "l'arrêt automatique" de six trains se trouvant dans la zone, dont les deux trains accidentés.
Mais quelques minutes plus tard, le centre de contrôle a ordonné la reprise en marche du train Renfe, une décision "inexplicable", selon les termes d'Oscar Puente, qui a parlé d'"erreur" humaine.
En un quart d'heure, ce train de la Renfe a parcouru 25 km, selon le ministre, avant de heurter, à une vitesse encore inconnue et en pleine ligne droite, le train Iryo, resté lui à l'arrêt.
Face aux nombreuses questions des journalistes, Oscar Puente, qui a rejeté l'idée d'une démission, a qualifié l'accident d'"invraisemblable" et assuré que le système ferroviaire espagnol était "sûr".
Pire tragédie ferroviaire depuis 2013
Depuis 2013, le royaume a connu sept accidents ferroviaires mortels, dont trois pour cette seule année 2026.
Le 18 janvier 2026, une collision entre deux trains à grande vitesse avait fait 46 morts à Adamuz, dans la province de Cordoue, ravivant les débats en Espagne sur l'entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.
Deux jours plus tard, un train de banlieue a déraillé près de Barcelone, tuant le conducteur et faisant quatre blessés graves.
Avec un bilan qui reste provisoire, la tragédie d'Urda est la plus grande catastrophe ferroviaire en Espagne depuis un déraillement meurtrier ayant fait 79 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013.
Catastrophes ferroviaires : l'Espagne n'a-t-elle pas appris de ses erreurs ?
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La campagne électorale suspendue
Cette nouvelle tragédie vient percuter la campagne électorale, à un mois des législatives qui doivent se tenir le 29 novembre, à l'issue très incertaine.
Le Parti socialiste (PSOE), de Pedro Sanchez, et le Parti populaire (PP, droite) ont annoncé la suspension de leurs activités de campagne jusqu'à nouvel ordre.
L'accident de janvier dernier avait déjà suscité de vives critiques de l'opposition contre le gouvernement de Pedro Sanchez, qui s'était alors engagé à investir 1,8 milliard d'euros pour améliorer la maintenance du réseau.
"L'Espagne a le droit de savoir ce qui se passe avec ses infrastructures, dans quel état se trouvent les voies et les systèmes de sécurité", a de nouveau exigé mercredi le chef du PP, Alberto Nuñez Feijoo.
Le roi Felipe VI a, lui, déploré "une terrible tragédie". Et à Bruxelles, l'Union européenne a assuré être prête à apporter "toute son aide" à l'Espagne.
Avec près de 4 000 km de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième du monde, après celui de la Chine.
Avec AFP
Source: France 24 · FRANCE 24
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