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Depuis le limogeage brutal de son PDG Olivier Nora en avril, débarqué par son propriétaire, Vincent Bolloré, la maison parisienne de la rue des Saints-Pères attend, muette et tétanisée, de connaître son sort.
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Deux photos et pas un mot. Sur la première, des étagères dépeuplées, comme après un déménagement. Seule veille dans un cadre posé à dessein la figure du fondateur de la maison, Bernard Grasset. Sur l’autre cliché, la clé à pompe du 61 rue des Saints-Pères, dans le 6e arrondissement de Paris, abandonnée sur un bureau entièrement débarrassé. C’est ainsi que, le 30 octobre, l’éditeur Christophe Bataille, qui tenait la maison Grasset depuis l’éviction, mi-avril, de son ami Olivier Nora, a annoncé son départ au groupe WhatsApp des « auteurs Grasset ». Beaucoup ont compris que ce bureau vide scellait aussi l’arrivée imminente de la nouvelle équipe choisie par le propriétaire de Grasset depuis 2023 : Vincent Bolloré.
Plus de patron depuis sept mois, plus de cheville ouvrière et plus de vigie, comme Christophe Bataille, pour gérer les programmes du premier trimestre 2027, les rachats de contrats des uns, les relectures de manuscrits des autres… « La maison peut fonctionner jusqu’en mars grâce à son réservoir d’auteurs qui livrent leurs derniers ouvrages », estime Claude Arnaud, dont le prochain ouvrage, Le sexe de l’hippocampe, sort le 13 janvier 2027 chez Grasset. « Mais après ?, interroge tout haut le romancier. C’est la même équipe mais décapitée, la même maison qui s’étiole. »
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Source: Le Monde · Ariane Chemin, Nicole Vulser
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