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Le skipper de 52 ans, vainqueur de la dernière édition de la course en 2022, a abandonné, mardi, deux jours après le départ de la 13ᵉ édition. Son maxi-trimaran a été victim d’une grave avarie de foil.

Le maxi-trimaran Maxi-Edmond-de-Rothschild de Charles Caudrelier après le départ de la Route du rhum à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), le 1er novembre 2026.

Charles Caudrelier dit adieu à ses rêves de doublé. Tenant du titre de la Route du rhum, le skipper à la barre de Maxi-Edmond-de-Rothschild a acté, mardi 3 novembre, la fin de sa course, deux jours seulement après le départ de cette 13e édition. A la barre de ce nouvel Ultim révolutionnaire mais pas encore totalement stabilisé, le navigateur de 52 ans s’est concerté avec son écurie avant de décider de rentrer à Lorient (Morbihan), son port d’attache, qu’il devrait rallier pendant le week-end.

Malgré un début de course prudent et des difficultés en manœuvres, il avait réussi à revenir lundi au contact du duo de tête composé de Tom Laperche (SVR-Lazartigue) et Armel Le Cléac’h (Maxi-Banque-Populaire-XI) grâce aux performances du voilier en vitesse pure. Mais peu avant 5 heures du matin, mardi, Charles Caudrelier s’est rendu compte que le bateau avançait au ralenti, incapable de décoller « malgré les conditions propices au vol », a relaté son équipe dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse.

Après inspection des pièces, le skipper a réalisé que le foil bâbord était « sérieusement endommagé » et que des parties s’étaient arrachées, sectionnant même une partie de l’hydraulique connectée à la pièce. L’avarie est irréparable seul en mer ou en escale sur le parcours, a affirmé l’écurie. « Ce que nous pouvons aujourd’hui préciser est que son origine n’est pas consécutive à un choc avec un objet extérieur », a déclaré Cyril Dardashti, directeur de l’équipe.

« Au tout début de sa vie maritime »

« Cette édition 2026 ne sera pas celle du doublé espéré mais ces quelques heures sur l’Atlantique posent clairement les jalons de l’histoire à venir », ajoutait Charles Caudrelier, déterminé à continuer à travailler sur le géant des mers. Le vainqueur de l’édition 2022 s’alignait sur le Rhum sept mois après le baptême du nouveau Maxi-Edmond-de-Rothschild, également appelé Gitana 18, fruit de plusieurs années de travail et imaginé par le bureau d’études de son écurie et l’architecte Guillaume Verdier comme le maxi-trimaran du futur.

Ses appendices en Y, inspirés de ceux utilisés en Coupe de l’America, doivent permettre au voilier d’être plus puissant dans des conditions variées et ses safrans en U le rendent plus maniable à haute vitesse. Mais de l’avis de tous les marins interrogés par l’AFP ces derniers temps, fiabiliser à 100 % une telle machine de pointe prend largement plus d’un an. L’écurie tentait donc un pari, après moins de 10 000 milles parcourus, dont une grande partie avec un seul foil sur les deux installés pendant la course, et peu de répétition en solitaire pour Charles Caudrelier.

« C’est forcément une grande déception (...) mais cela fait aussi partie de la vie de nos projets qui demandent un engagement quotidien et une grande persévérance. Gitana 18 n’est qu’au tout début de sa vie maritime », a avancé Cyril Dardashti. Son grand frère, baptisé Gitana 17, avait initié l’ère du vol océanique en multicoque en 2017, avant de quasiment tout écraser en course pendant des années. Le 18e du nom, est lui aussi appelé à marquer une révolution, mais il faudra attendre encore un peu.

Service Sports (avec AFP)

Source: Le Monde · Service Sports

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