La collision de mercredi a fait au moins 68 morts. Une cellule de soutien a été mise en place à la gare d'Atocha de Madrid, d'où sont partis les trains.

Radio France

Publié le 29/10/2026 09:07

Temps de lecture : 3min

La collision de train entre Urda et Los Yebenes, à 150 km au sud de Madrid, en Espagne, le 28 octobre 2026. (JAVIER SORIANO / AFP)
La collision de train entre Urda et Los Yebenes, à 150 km au sud de Madrid, en Espagne, le 28 octobre 2026. (JAVIER SORIANO / AFP)

Une peur présente chez plusieurs voyageurs. Deux trains sont entrés en collision, près de Tolède en Espagne, mercredi 28 octobre. Le bilan provisoire fait état de 68 morts et des dizaines de blessés. Ce type d'accident est en théorie rarissime mais il est survenu neuf mois seulement après une autre catastrophe sur la même ligne à grande vitesse qui avait fait 46 morts.

À la gare d'Atocha de Madrid, la plus grande gare d'Espagne, d'où sont partis les trains, les voyageurs ressentent de la peur mais aussi de l'incompréhension. Près de la gare mercredi, ce couple de retraités fait une pause dans sa promenade pour regarder les trains à quai par-dessus le pont. Toni montre une rame AVE et indique que "c'est la même compagnie que l'un des deux trains accidentés". Ils ont passé une mauvaise journée en pensant beaucoup aux victimes de la catastrophe. "Ce sont des familles détruites , déclare Toni. Quand on perd un proche, un enfant, on ne s'en remet pas." Son mari Aurelio secoue la tête. "Ce n'est pas possible que ça arrive à notre époque, ce genre d'accident", s'indigne Aurelio. Eux ne prennent pas beaucoup les transports, mais dans la gare, certains débarquent avec leurs valises à roulette.

Esther vient de passer trois heures dans le train en provenance de Barcelone avec la peur au ventre. "Le train a toujours été très sûr mais en un an, deux accidents, ça nous fait peur", explique la voyageuse. Elle explique qu'elle prendra le train si elle n'a pas le choix. Mais elle pense à la voiture pour rentrer à Barcelone dans quinze jours, avant d'ajouter que "ça aurait pu arriver à n'importe qui".

Après la collision de mercredi, le gouvernement a très vite parlé d'une panne de signalisation puis d'une erreur des opérateurs qui ont pris le relais manuellement. C'est ce que semblent confirmer plusieurs audios publiés, entre autres, par le quotidien El País mercredi soir. Ce sont les échanges radio entre le régulateur et les conducteurs des deux trains à l'arrêt après cette panne de signalisation.

Dans le premier audio, on entend dire clairement au conducteur du train AVE de la Renfe de reprendre la marche normale, c'est-à-dire à pleine vitesse. Le problème c'est que 25 kilomètres devant, il y a l'autre train, sur la même voie qui n'arrive pas à redémarrer. C'est ce que montre le deuxième audio. Lors de l'appel, la conductrice du train Iryo explique que le système de sécurité bloque le démarrage. L'opérateur lui demande simplement de la tenir au courant avant de raccrocher. Il manque plusieurs éléments pour comprendre précisément tout le contexte et le sens de ces instructions. Quoi qu'il en soit, cinq minutes plus tard, le train Iryo était percuté par l'arrière par le train AVE de la Renfe.

Face à l'ampleur du drame, une cellule médico-psychologique a été installée mercredi au rez-de-chaussée de la gare d'Atocha à Madrid. Les familles de victimes peuvent trouver des psychologues et des médecins. Il y avait également des dizaines de blessés légers, transportés en bus jusqu'ici depuis le lieu de l'accident. "Les patients arrivent plutôt dans un état de choc. Certains ont des crises d'angoisse. Ils arrivent ici surtout très choqués et très fatigués parce qu'ils ont fait beaucoup de route, plusieurs heures", raconte Sonia Alejandre, psychologue au Samu de Madrid.

"Ils sont également très stressés et ont en tête des images très dures."

Sonia Alejandre, psychologue au Samu de Madrid

à franceinfo

"Ce qui est aussi extrêmement éprouvant, poursuit-elle. La plupart d'entre eux veulent surtout rentrer vite chez eux. Mais certains restent un peu plus longtemps avec nous parce qu'ils ont besoin de raconter ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont traversé." Ce lieu va rester encore ouvert plusieurs jours.

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Source: Franceinfo · Caroline Félix

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