Depuis plusieurs semaines, les lycéens réclament l'abandon de la plateforme d'admission post-bac. Le gouvernement leur a répondu, en promettant des changements dès 2027.

France Télévisions

Publié le 27/10/2026 16:23

Temps de lecture : 3min

La plateforme Parcoursup est vouée à disparaître dès 2028. (THIERRY THOREL / NurPhoto)
La plateforme Parcoursup est vouée à disparaître dès 2028. (THIERRY THOREL / NurPhoto)

Fin de parcours pour Parcoursup. Le gouvernement a répondu à la demande des lycéens de suppression de la plateforme d'orientation. Lors d'une conférence de presse, lundi 26 octobre, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a même annoncé une "évolution forte" dès cette année scolaire 2026-2027. Il a évoqué aussi "un remplacement" de Parcoursup dès 2028. Ces mesures sont le résultat d'une "concertation flash" sur la plateforme d'orientation, débutée le 21 octobre et qui devrait se poursuivre jusqu'à la fin du mois.

Philippe Baptiste promet un "travail de lisibilité" et de "facilité d'usage de la plateforme" dès la session 2027. Les lycéens en classe de terminale devraient donc rapidement voir apparaître des nouveautés en se connectant à Parcoursup. Voici les changements attendus.

Une volonté de transparence accrue

Le gouvernement souhaite que les établissements d'enseignement supérieur rendent leurs critères de sélection moins opaques, dès cette année. Les candidats pourront ainsi bientôt trouver, sur les pages des cursus proposés, les "critères de choix transparents" utilisés. C'est notamment le cas quand cette sélection est automatisée avec des "algorithmes locaux" mis en place dans les différents établissements. "Chaque formation affichera et expliquera quels sont les traitements automatisés qu'elle utilise", affirme Philippe Baptiste.

De la même manière, les candidats pourront aussi comprendre pourquoi certaines formations exigent une lettre de motivation. Le ministre de l'Enseignement supérieur annonce que cette requête devra être justifiée. Dans ce même objectif de transparence, le gouvernement propose de convier des lycéens et des enseignants dans les jurys des formations supérieures afin qu'ils puissent "regarder comment ça se déroule". Il souhaite aussi mettre en place un "droit à l'explication" si les élèves n'obtiennent pas la formation souhaitée. Il sera donné aux candidats la possibilité de "saisir la formation pour comprendre les raisons du refus".

"La formation du supérieur devra expliquer pourquoi vous n'avez pas été admis."

Philippe Baptiste

en conférence de presse

La mention du lycée d’origine sur la plateforme, accusée par les lycéens d'être une source d'inégalité, est aussi vouée à disparaître. Le ministre évoque toutefois un impératif pour que cette mesure soit effective : trouver une autre solution pour prendre en compte les différences de notation entre les lycées. "Ça demandera un peu plus de temps, mais on va, dès la session 2028 vers [sa] suppression", promet le ministre.

Des efforts sur l'accompagnement

Pour aider les lycéens à y voir plus clair parmi les nombreux cursus, le ministère veut ouvrir la possibilité, pour les établissements de l'enseignement supérieur, de réaliser des capsules vidéo permettant "de décrire le contenu de la formation". Le gouvernement affirme aussi travailler sur "un droit à l'erreur" qui permettra, pour les élèves insatisfaits de la formation choisie, de "faciliter" une réorientation en cours d'année.

Les plus jeunes lycéens verront aussi du changement dans les prochains mois. Un "accompagnement dès la classe de seconde" sera mis en place pour aider les jeunes dans leurs choix d'orientation.

De nouvelles places pour les étudiants

Certains lycéens auront peut-être moins de difficultés à trouver une formation pour la rentrée 2027. Le gouvernement prévoit la création de 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, principalement en région Île-de-France où la pression démographique étudiante est la plus forte. Cette mesure est "essentiellement destinée aux bacheliers technologiques et professionnels" et concerne "essentiellement des places d'IUT et de BTS", précise le ministre. Cette mesure est toutefois jugée insuffisante par les organisations de jeunesse, qui réclament l'ouverture de 250 000 places.

Vers la fin de Parcoursup en 2028

Le gouvernement a par ailleurs annoncé le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028, dans des contours encore flous. En effet, selon Philippe Baptiste, cet outil "est adossé à la loi" et certaines modifications ne pourront intervenir "que si la loi elle-même évolue". Un comité de réforme associant lycéens, enseignants et ministres sera installé dès les derniers jours d'octobre 2026 et devra rendre des décisions définitives d'ici à fin novembre.

En cette année électorale, l'élaboration de ce nouvel outil pourrait aussi dépendre des futurs changements à la tête de l'Etat. "Je crois que notre devoir, c'est de présenter des propositions d'évolution de la plateforme, de les mettre en place et après, le prochain gouvernement agira", a déclaré le ministre de l'Enseignement supérieur. Les différents partis auront, en attendant, l'occasion de présenter leurs propositions à l'occasion d'un débat sans vote sur "l'avenir du processus d'orientation" des lycéens, organisé mercredi à l'Assemblée nationale.

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Source: Franceinfo · Lucie Rivière

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