Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.
Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
Ce fils d’immigrés italiens aura dirigé le club de football messin pendant plus de trente ans, de 1967 à 2009. Les Grenats saluent la mémoire de « l’artisan de l’une des périodes les plus marquantes de l’histoire » de la formation.
Il aura dirigé le club pendant plus de trois décennies, avant d’en lâcher les rênes en 2009. Carlo Molinari, ancien président du FC Metz, est mort mercredi 4 novembre, a annoncé la formation mosellane de football dans un message posté sur les réseaux sociaux. Il avait 93 ans.
« Carlo Molinari aura été l’artisan de l’une des périodes les plus marquantes de l’histoire grenat », lui a rendu hommage le FC Metz dans son texte, se souvenant d’un mandat « jalonné de succès et d’émotions inoubliables ». Sous sa présidence, commencée en 1967 avec un intermède entre 1978 et 1983, le club a remporté deux Coupes de France (en 1984 et 1988) et deux Coupes de la Ligue (en 1986 et 1996).
Il s’est également offert une épopée européenne devenue mythique avec cette rencontre remportée 4 à 1 sur la pelouse du FC Barcelone en 1984, avant de frôler le titre de champion de France de première division lors de la saison 1997-1998. Son passage restera aussi marqué par la révélation de jeunes talents comme Patrick Battiston, Bernard Zénier et plus tard Sylvain Kastendeuch et Robert Pirès.
Champion de France de motocross
Né à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) le 28 février 1933, Carlo Molinari, fils d’Italiens de la région du lac Majeur, grandit à l’ombre des hauts fourneaux lorrains, creusets d’une main-d’œuvre étrangère. L’école l’ennuie. Il préfère la mécanique et le foot, passions héritées de son père chauffeur routier et ancien joueur de la sélection italienne militaire.
A 17 ans, il se lance dans une discipline naissante, le motocross. Il y excelle, décrochant trois titres de champion de France entre 1952 et 1955. Parallèlement, il s’entraîne avec les jeunes du FC Metz. Il arrête la compétition à 24 ans, dirige une société de poids lourds et reste un inconditionnel du club messin dont il accepte de prendre la présidence en 1967.
Quand il en prend les rênes, le club monte en première division. Il le modernise, le maintient au plus haut niveau et impulse un football offensif incarné dans les années 1970 par Nico Braun, meilleur buteur de l’histoire des Grenats, ou Hugo Curioni. Son plus grand regret restera d’avoir laissé échapper Michel Platini, natif de Jœuf et messin de cœur. « C’était mon rêve de venir jouer ici », raconte le légendaire numéro 10 dans la série documentaire que lui a consacrée Canal+, au cours d’une séquence où il est au côté de celui qu’il surnomme affectueusement « mon Carlito ».
Le FC Metz, aujourd’hui pensionnaire de Ligue 2, salue un homme « visionnaire et bâtisseur », qui aura « durablement installé » le club dans le paysage du football français et « façonné une partie de [son] identité ». « Merci président (…) votre histoire restera à jamais liée à celle des Grenats », conclut le texte. Carlo Molinari a rejoint le Panthéon messin : une fresque murale du stade Saint-Symphorien l’immortalise le regard gouailleur, coiffé de son éternel chapeau noir au-dessus d’une inscription toute simple : « Carlo. »
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira