Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.
Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
Des start-up aux SCOP en passant par les sociétés du CAC 40, posséder des parts de son entreprise peut changer l’engagement et le sens donné au travail, même s’il est rare que les salariés actionnaires puissent peser sur les orientations de leur structure.
Article réservé aux abonnés
Depuis six mois qu’elle est salariée en CDD pour le groupe TF1, Lucie en est aussi devenue actionnaire (les personnes citées par leur seul prénom ont requis l’anonymat). « Dès que je suis arrivée, des collègues m’ont parlé du plan d’épargne-groupe [PEG] », raconte-t-elle. On lui explique qu’elle peut verser chaque mois une part de son salaire sur un compte d’épargne salariale. L’argent est alors directement investi dans des parts de l’entreprise, cotée en Bourse.
Pour chaque euro versé, son employeur complète d’autant, dans la limite de 3 600 euros par an. A certaines occasions, comme un mariage ou l’achat d’un bien immobilier, elle pourra récupérer la somme, réduite ou augmentée des variations boursières qu’elle aura subies. « C’est un peu un 14ᵉ mois », se réjouit Lucie, qui y voit un argument pour « rester dans la boîte ».
L’actionnariat salarié consiste, pour les travailleurs, à acquérir une part du capital de l’entreprise qui les emploie. Dans sa philosophie originelle, esquissée par Charles de Gaulle dès 1967, l’actionnariat salarié prétend dépasser le vieux clivage entre capital et travail, selon lequel « l’un porte le risque et l’autre le travail », schématise Olivier Paon, président de la Fédération française de l’actionnariat salarié. Associer les salariés aux résultats permettrait de les sensibiliser aux logiques financières auxquelles est soumise leur entreprise, créant ainsi « un alignement des intérêts du capital et du travail dans un but commun de croissance », défend-il.
Pour les employeurs qui le proposent, c’est un moyen de fidéliser leurs salariés. En se voyant attribuer des actions, notamment sur des critères d’ancienneté, ces derniers sont incités à rester plus longtemps. Les entreprises qui ont une « très forte culture » de l’actionnariat salarié affichent un taux de démission de 5,1 %, contre 9 % « là où cette culture est très faible », mesure le groupe Eres, spécialisé dans les solutions d’épargne, dans l’édition 2026 de son « Panorama de l’actionnariat salarié », réalisé auprès des 120 plus grandes entreprises françaises cotées, réunies dans l’indice boursier SBF120, dont 36,6 % des salariés sont actionnaires.
Il vous reste 69.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source: Le Monde · Agnès Raimbault
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira