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Chronique

Olivier Pinaud

Journaliste au service Economie

L’effet des mouvements sociaux sur la croissance est documenté, explique Olivier Pinaud, journaliste au service Economie du « Monde ». Ils surviennent au moment où les taux d’intérêt et les prix de l’énergie élevés érodent le pouvoir d’achat.

Publié aujourd’hui à 10h16 Temps de Lecture 2 min.

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Il y avait déjà la fragilité politique du gouvernement, menaçant, comme chaque année depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, en juin 2024, le vote du budget. Il y avait aussi la flambée des prix de l’énergie sous l’effet des tensions au Moyen Orient, son corollaire inflationniste, son impact haussier sur les taux d’intérêt, passés, le mercredi 21 octobre, au-dessus des 5 % et, au bout du compte, des effets immédiats sur le pouvoir d’achat des Français. Il y a maintenant la crainte, après les tensions et violences qui ont émaillé, partout en France, les manifestations du 17 octobre, que la consommation des ménages finisse par craquer définitivement, emportant avec elle toute l’économie.

Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, a lancé l’alerte, mardi 20 octobre. Le dirigeant a chiffré entre 80 et 200 millions d’euros le coût, sur l’année, pour son groupe, des dégradations et pillages du week-end des 17 et 18 octobre. Mais, au-delà de la réparation des dégâts et des vols dans les magasins, il redoute surtout que ce contexte détourne les Français des boutiques et les incite à limiter un peu plus leurs achats. Cela tomberait mal : le dernier trimestre de l’année est crucial pour les commerçants et pour toute l’économie en raison des ventes de Noël, censées gonfler le moral des ménages et la consommation.

L’effet des mouvements sociaux sur la croissance est documenté. « L’analyse fait ressortir un effet négatif, mais non significatif, de l’ordre de – 0,1 point de PIB [produit intérieur brut] le trimestre de la tenue du mouvement social par rapport au trimestre précédent », a calculé l’Institut national de la statistique et des études économiques, dans une note de septembre 2025, en regardant les crises sociales depuis 1981. Mais il peut être parfois plus fort. Au dernier trimestre 2018, lors du mouvement des « gilets jaunes », les dépenses des ménages avaient calé (0 %), après un troisième trimestre en hausse (+ 0,4 %). Conséquence, la croissance trimestrielle du PIB avait stagné à 0,3 %.

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Source: Le Monde · Olivier Pinaud

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