Climat Environnement
L'exécutif souhaite "recentrer" les certificats d'économies d'énergie sur l'électrification. Le dispositif Action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique évoque une "décision incompréhensible".
France Télévisions
Publié le 29/10/2026 17:30 Mis à jour le 29/10/2026 17:31
Temps de lecture : 3min
Après le coup de rabot, le coup de massue. Le gouvernement a décidé de mettre fin à plusieurs programmes de rénovation énergétique qui accompagnent les collectivités territoriales et les ménages les plus précaires, a appris franceinfo auprès des structures concernées et du ministère de l'Energie, jeudi 29 octobre, confirmant une information du site Politico. Début septembre, l'enveloppe annoncée en pleine canicule pour accélérer la rénovation thermique des écoles avait déjà été amputée de 40 millions d'euros.
Au moins quatre programmes ne seront pas renouvelés à la fin de l'année. Il s'agit de Toits d'abord, qui loge des personnes précaires et produit des logements énergiquement performants, de Territoires zéro exclusion énergétique, qui accompagne des ménages modestes dans la rénovation de leur logement et enfin de Tims et Slime, qui développent des modes de déplacement sobres et accessibles, et accompagnent les collectivités pour lutter contre la précarité énergétique.
Le dispositif Action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique (Actee), qui met à disposition des experts pour développer des projets de rénovation de bâtiments publics, sera pour sa part prolongé de quelques mois, jusqu'à mi-2027, précise le ministère de l'Energie à franceinfo. "C'est une décision complètement incompréhensible", réagit jeudi Guillaume Perrin, directeur d'Actee, auprès de franceinfo. "C'est un programme qui a fait ses preuves", assure-t-il, avec plus de 6 000 écoles accompagnées vers l'adaptation au changement climatique depuis sa création en 2019.
A ses côtés, Dominique Ramard, maire de la petite commune de Saint-Juvat, dans les Côtes-d'Armor, assure être "dépité". "On ne comprend pas. Les arguments du gouvernement sont complètement indéfendables. On a besoin du conseil d'Actee", explique-t-il, lui qui a eu accès aux experts de ce programme pour lancer la rénovation thermique de bâtiments publics de sa commune. "C'est un très mauvais signal vis-à-vis des élus locaux", renchérit Danielle Mametz, maire de Boëseghem, dans le Nord.
"Nous ne sommes pas équipés en ingénierie pour choisir les travaux énergétiques qui seront les plus efficaces. Actee est un outil d'aide à la bonne décision, essentiel pour l'adaptation au changement climatique."
Danielle Mametz, maire de Boëseghem, dans le Nord
à franceinfo
La même incompréhension règne chez Cler, réseau qui a accompagné plus de 300 000 personnes avec les programmes Tims et Slime vers des solutions de mobilité adaptées à leurs besoins et des travaux de rénovations énergétiques. "Arrêter le financement, c'est abandonner les ménages les plus précaires, et confirmer que la vision qu'a ce gouvernement de la politique publique environnementale se fera contre les classes populaires, au lieu d'avec et pour elles", assure le réseau dans un communiqué transmis à franceinfo.
Du son côté, le ministère de l'Energie affirme que cette décision correspond à une volonté de "recentrer" les certificats d'économies d'énergie sur l'électrification, "en cohérence avec l'impératif de souveraineté énergétique". D'autres programmes doivent ainsi voir le jour dans le cadre du plan d'électrification de la France, comme le leasing social de voitures électriques et de pompes à chaleur. "Il ne s'agit donc en aucun cas d'une logique de coupes budgétaires ou de recherche d'économies mais bien d'un choix de priorisation des moyens disponibles vers les dispositifs les plus efficaces", poursuit le ministère. Contacté par franceinfo, le ministère de la Transition écologique s'est, lui, refusé à tout commentaire.
Ces explications peinent à convaincre certains acteurs du secteur. "Le plan d'électrification, purement technocratique et hémiplégique sur le plan social, est voué à l'échec", ont dénoncé plusieurs des programmes concernés dans un communiqué commun. "On ne peut pas prétendre accélérer la transition énergétique tout en supprimant les moyens qui permettent aux plus modestes d'y prendre part", a également réagi l'ex-ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, sur X. De quoi faire grincer des dents du côté de l'exécutif. "Une ancienne ministre devrait plutôt saluer les mesures sociales sur l'électrification", souffle un conseiller.
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Source: Franceinfo · Robin Prudent
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