Par Le Figaro avec AFP
Publié le 27/10/2026 à 22h13
À deux voix près, les députés sont revenus sur ce dispositif fiscal créé lors du budget 2025, puis prolongé en 2026. Il vise aujourd’hui les entreprises réalisant au moins 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Passer la publicité Passer la publicitéLes députés ont supprimé mardi, à deux voix près, la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises prévue dans le budget 2027, un vote probablement sans lendemain pour un texte promis au 49.3 ou aux ordonnances. Par 79 voix contre 77, l'Assemblée a adopté, contre l'avis du gouvernement, des amendements de suppression déposés notamment par le RN, l'UDR, la Droite républicaine, Horizons et même deux élus du groupe macroniste EPR.
Ce revers pour l'exécutif risque toutefois d'être de courte durée. Faute de majorité à l'Assemblée, le gouvernement semble condamné à faire passer son budget par 49.3 ou par ordonnances, deux voies qui lui permettraient de réintroduire la mesure. C'était d'ailleurs ce qui s'était passé l'an dernier. Rejetée par les députés en nouvelle lecture, la surtaxe n'était entrée dans le budget 2026 que grâce au 49.3. Le vote sur l'ensemble de la partie «recettes», prévu le 3 novembre, devrait par ailleurs aboutir à un rejet. Le texte partirait alors au Sénat dans sa version initiale.
«Un boulet aux pieds des entreprises»
Créée par le budget 2025 pour une seule année, puis reconduite en 2026 avec un seuil plus élevé, la surtaxe vise aujourd'hui les entreprises réalisant au moins 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et est calculée en pourcentage de l'impôt sur les sociétés. Quelque 400 entreprises sont concernées, selon le gouvernement, qui propose de la prolonger en 2027 avec des taux réduits d'environ un quart, pour un rendement ramené à 5 milliards d'euros contre 7,3 milliards estimés cette année. Le vote fait aussi tomber le retour, à un taux réduit, de la contribution exceptionnelle des grands armateurs, qui touche en premier lieu CMA CGM.
La surtaxe est une bête noire du patronat. Sa reconduction, même «ramenée de 7 à 5 milliards d'euros, reste un mauvais signal», avait jugé le Medef début octobre, estimant qu'elle «fragilise la parole donnée et inquiète les investisseurs». Le gouvernement présentait la baisse des taux comme un moyen de «confirmer le caractère temporaire» de la surtaxe. Mais «à partir du moment où elle dure plus d'une année, ce n'est plus du tout une contribution exceptionnelle», a rétorqué Marc Le Fur (Droite républicaine) en séance.
Le député EPR Charles Sitzenstuhl a dénoncé «un boulet au pied des entreprises». La gauche, qui réclamait le maintien des taux actuels, a elle fustigé «les ultra-macronistes, les amis alliés de Mme Le Pen, (...) qui trouvent que deux milliards d'euros de cadeaux fiscaux, ce n'est pas suffisant», selon les mots du député LFI Aurélien Le Coq.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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