Un manifestant face à des policiers antiémeutes à Paris le 8 octobre dernier. Pedro Nunes / REUTERS

Prise à partie par une bande de jeunes sur l’avenue Gambetta, dans le XXe arrondissement de Paris, la jeune lieutenant stagiaire s’en était sortie sans aucune blessure physique.

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«N**** ta mère», «Sale p***», «Wallah tuez-la» : le 1er octobre dernier, en marge des manifestations lycéennes, une policière était prise à partie par une bande de jeunes sur l’avenue Gambetta, dans le XXe arrondissement de Paris. Après une brève course-poursuite durant laquelle la jeune lieutenant stagiaire, qui intervenait en renfort place Auguste-Métivier, dans le XIe arrondissement, fut couverte d’insultes, celle-ci se retrouvait au sol, balayée par l’un des protagonistes. S’ensuivait une pluie de coups sous le regard de plusieurs jeunes qui n’ont pas manqué de filmer la scène. Fort heureusement, la fonctionnaire s’en était sortie sans aucune blessure physique.

Rapidement devenue virale, la vidéo a attiré l’attention du parquet de Paris, qui a ouvert une enquête confiée à la sûreté territoriale (ST) des chefs de violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique. Quelques jours plus tard, l’un des individus soupçonnés d’avoir donné un coup de pied dans le dos de la policière, un garçon de 15 ans, inconnu de la justice, était placé en garde à vue. Le lundi 11 octobre, deux autres mis en cause âgés de 16 ans, suspectés pour l’un d’avoir donné une «balayette» et pour l’autre d’avoir filmé et diffusé la scène sur les réseaux sociaux, étaient également placés en garde à vue.

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Tous avaient été condamnés en première instance, mais aucun n’avait été placé en détention à l’issue du procès. Ils avaient ainsi quitté le tribunal libres. Une décision qui n’avait pas convaincu le parquet de Paris, lequel avait décidé de faire appel. Un appel qui n’a finalement rien donné, assure Europe 1 ce jeudi. Une information que nous sommes en mesure de confirmer. Dans la décision rendue par la chambre des appels correctionnels, il est mentionné que le premier mineur, celui qui avait porté un coup de pied dans le dos de la policière, ne s’est pas présenté à l’audience.

Une audience devant le tribunal pour enfants en 2027

Il a tout de même été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter son domicile entre 22h et 6h, obligation de suivre une scolarité, interdiction d’entrer en contact avec les coauteurs et la victime, obligation de suivi psychologique. La cour a par ailleurs confirmé la mesure éducative judiciaire provisoire. Pour ce qui est du second mineur, accusé d’être l’auteur de la balayette, une mesure éducative judiciaire provisoire avec interdiction de quitter son domicile entre 22h et 6h et une interdiction de contact avec les coauteurs et la victime a également été décidée. Le dernier mis en cause, qui avait filmé la scène et proféré des insultes à l’encontre de la policière, a quant à lui échappé au contrôle judiciaire. Il devra néanmoins se plier à une mesure éducative judiciaire provisoire.

Ces décisions «portent uniquement sur les mesures de sûreté pour ces trois mineurs, dans l’attente de l’audience au tribunal judiciaire de Paris dont la date reste inchangée à savoir le 23 février 2027 devant le tribunal pour enfants», rappelle le parquet de Paris au Figaro. Toujours est-il que la diffusion de ces informations fait grincer des dents du côté des forces de l’ordre. Pour le syndicat Alliance police nationale, il s’agit d’une «honte» : «Une collègue traquée aux cris de “TUEZ-LA !”, jetée au sol, frappée à coups de pied. La France entière a vu ces images insoutenables. Les 3 mineurs mis en cause sont libres ! Voilà le symbole de notre faillite judiciaire ! L’IMPUNITÉ TUE L’AUTORITÉ !», a-t-il déploré sur X.

Source: Le Figaro · Ilian Valet

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