Une semaine après les violences et pillages observés dans plusieurs villes de France, le ministre de l'Intérieur promet la plus grande fermeté face aux risques de nouveaux débordements.

France Télévisions

Publié le 23/10/2026 15:43

Temps de lecture : 3min

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, présente le dispositif de sécurité à la veille de nouvelles manifestations contre la vie chère en France, vendredi 23 octobre. (JULIEN DE ROSA / AFP)
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, présente le dispositif de sécurité à la veille de nouvelles manifestations contre la vie chère en France, vendredi 23 octobre. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Un dispositif renforcé pour éviter de revivre le 17 octobre. A la veille de nouvelles manifestations contre la vie chère ou encore en soutien aux lycéens, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé, vendredi 23 octobre, qu'un dispositif sécuritaire "extrêmement important" serait déployé, mobilisant 70 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire.

Un déploiement exceptionnel, justifié selon lui par les nombreux incidents et pillages survenus lors des rassemblements du 17 octobre, notamment dans plusieurs centres-villes partout en France, dont Limoges (Haute-Vienne), où l'hôtel de ville a été incendié. "On sera intraitable avec les casseurs, avec les pilleurs", a prévenu le ministre, promettant des interventions menées avec "beaucoup de fermeté". Voici le détail du dispositif annoncé.

Dix mille policiers et gendarmes supplémentaires par rapport au 17 octobre

Au total, 70 000 policiers et gendarmes seront donc mobilisés à travers le territoire, contre 60 000 lors de la précédente journée de manifestations, le 17 octobre. Lundi, le ministre de l'Intérieur avait reconnu "une perte de contrôle" dans certaines grandes villes et un manque d'anticipation face à l'ampleur de la mobilisation et des violences urbaines.

Pour éviter de nouveaux débordements, Laurent Nuñez a annoncé la mobilisation de gendarmes en zone police, ainsi que de services habituellement affectés à d'autres missions et même d'élèves policiers en formation. Certains fonctionnaires et militaires en congé ont également été rappelés pour renforcer ces effectifs, dont il n'a pas détaillé la répartition sur le territoire.

Blindés, canons à eau et unités d'élite

Au-delà des effectifs habituels de maintien de l'ordre, le ministre de l'Intérieur a annoncé le déploiement d'unités spécialisées, dont le Raid, le GIGN et la BRI. Elles ne seront toutefois pas chargées du maintien de l'ordre au contact des manifestants, a précisé Laurent Nuñez. Leur rôle consistera notamment à assurer la protection de bâtiments publics et à libérer des effectifs policiers pour les opérations de maintien de l'ordre. Il n'a en revanche pas cité les militaires de la force Sentinelle, dont il avait annoncé mardi le déploiement, là encore pour des missions de sécurisation statique.

Des brigades équestres et cynophiles, des drones et de nombreux hélicoptères seront également sur le terrain. A ces moyens s'ajouteront une vingtaine de blindés Centaure et une quinzaine de canons à eau répartis sur le territoire. Laurent Nuñez promet un dispositif "extrêmement mobile, agile et percutant", destiné à empêcher les pillages, les dégradations et les attaques contre les bâtiments publics. "Les engagements se feront avec beaucoup de fermeté pour procéder à des interpellations et empêcher de nouvelles exactions", a-t-il assuré.

Des interdictions de manifester face à "des appels à commettre des exactions"

Les préfets ont également été chargés d'examiner les risques liés à chacun des rassemblements, qu'ils soient déclarés ou non. Des arrêtés d'interdiction pourront ainsi être pris lorsque les autorités estimeront que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

Le ministre insiste notamment sur la nécessité, pour les organisateurs, de disposer "d'un service d'ordre capable d'encadrer les cortèges". Il affirme par ailleurs avoir constaté, sur les réseaux sociaux, "de nombreux appels des mouvances d'ultragauche et d'extrême gauche radicale", à commettre "des exactions" ou "des pillages".

Les autorités privilégient ainsi des parcours situés à la périphérie des centres-villes, afin d'éviter les zones commerçantes. Les itinéraires pourront encore être modifiés jusqu'au dernier moment en fonction de l'évolution des risques, a précisé le ministre, interrogé notamment sur les situations à Marseille et à Orléans, où se tient ce week-end un congrès du Rassemblement national.

Des couvre-feux resteront par ailleurs en vigueur dans certaines villes et zones sensibles, comme dans le secteur de place de la République à Paris. Des arrêtés préfectoraux interdiront également le transport de certains produits, notamment les mortiers d'artifices et des combustibles.

La promesse d'une réponse judiciaire rapide

"On ne laissera absolument rien passer", a prévenu Laurent Nuñez. Interrogé sur l'usage de la force, il a confirmé que les forces de l'ordre pourraient recourir, dans le cadre légal, à des lanceurs de balles de défense (LBD) et à différentes grenades utilisées pour le maintien de l'ordre. "C'est la proportionnalité, toujours la proportionnalité" qui prévaut, a-t-il assuré.

En cas débordements, "il y aura des poursuites judiciaires", a prévenu le ministre, qui rappelle qu'environ 2 400 personnes avaient été interpellées le 17 octobre, auxquelles se sont ajoutées près de 500 autres dans les jours suivants, à la suite d'investigations. Pour accélérer les suites judiciaires, des cellules dédiées ont été constituées dans chaque département, en coordination avec les parquets, afin de traiter rapidement les interpellations.

Le ministre a enfin indiqué que huit enquêtes de l'IGPN étaient désormais ouvertes après les événements des 17 et 18 octobre, contre six précédemment, tout en précisant que ce nouveau chiffre devait encore être confirmé.

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Source: Franceinfo · Tom Hollmann

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