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« Le Monde » d’après iStock

Par Morgane Tual, Michaël Szadkowski et Aurélien Defer

Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 16h58

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DécryptageDes internautes dont les vidéos ont été supprimées ou qui ont constaté une baisse du nombre de vues dénoncent une invisibilisation orchestrée par les plateformes sous pression politique. Difficile à étayer, ce sentiment s’explique néanmoins par l’opacité des réseaux sociaux et l’obsession du gouvernement à leur égard.

A première vue, c’est une vidéo anodine. Un internaute présente sa collection de plantes : un arabica qui nécessite beaucoup d’eau, un noyau d’avocat qui a bien poussé et une monstera en pleine forme. Mais collés sur les pots, des mémos jaunes racontent une tout autre histoire : « Mes vidéos sont censurées, et je suis pas le seul à qui ça arrive. Mes vues ont été divisées par dix depuis le 24 octobre, des gens se font supprimer des vidéos qui parlent de l’actu de près ou de loin. »

Anibesa (son nom de comédien et celui de son profil Instagram) , qui a publié sa vidéo lundi 2 novembre, est loin d’être le seul à tenir ce discours. Le collectif Cerveaux non disponibles, consacré aux « luttes sociales, antiracistes et climatiques », a diffusé des messages similaires après avoir vu son compte TikTok banni le 17 octobre. Il estime que les contenus qu’il a publiés « n’ont rien de plus “violent” que les images diffusées en boucle par les chaînes d’information, y compris sur leurs propres comptes TikTok ou Instagram. Quant aux appels à manifester [relayés], ils ne constituent pas, en eux-mêmes, des infractions ».

Des médias indépendants marqués à gauche se disent aussi concernés. Lucas Chedeville, responsable des réseaux sociaux chez StreetPress, fait valoir auprès du Monde que la semaine suivant le 17 octobre, pas moins de six vidéos publiées sur Instagram ont été masquées par le réseau social et « présentées comme sensibles », sans que le site d’information puisse le contester. Des vidéos, s’étonne-t-il, qui « passaient [la modération] avant » et qui ne contiennent « pas de choses choquantes, pas de blessures non floutées ».

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Source: Le Monde · Morgane Tual, Michaël Szadkowski, Aurélien Defer

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