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L’Organisation des Nations unies a fait part dans son dernier « Rapport sur l’écart d’adaptation », publié mercredi, de l’aide au financement apportée par les pays les plus riches, jugée dix fois trop basse.

Un agriculteur dans sa rizière, où les récoltes ont été perdues en raison de la sécheresse qui sévit à Medirigiriya, au Sri Lanka, le 13 septembre 2026.

Selon le Rapport sur l’écart d’adaptation 2026, publié par l’Organisation des Nations unies (ONU), mercredi 4 novembre, face à l’aggravation des impacts du réchauffement climatique, les pays en développement auront besoin de 305 milliards de dollars (soit environ 271 milliards d’euros) par an d’ici à 2035. Ce qui représente près de dix fois le montant qu’ils reçoivent actuellement des nations les plus développées.

Alors que la 31e conférence mondiale sur le climat (COP31) s’ouvrira lundi à Antalya (Turquie), le financement climatique, et celui de l’adaptation, y seront des sujets brûlants. Leur objectif principal étant de protéger les pays en développement d’un climat en mutation, par des mesures allant de la construction de digues, à la culture de variétés résistantes à la sécheresse, ou encore au renforcement de la résilience des habitations.

Mais, en 2024, ces financements n’ont progressé que d’environ un milliard de dollars (soit environ 888 millions d’euros), pour atteindre un total situé aux alentours de 30 milliards de dollars (soit environ 26,6 milliards d’euros), selon le rapport publié en 2026 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Ce montant se révèle même être inférieur à l’objectif fixé lors de la COP26 de Glasgow (Ecosse), qui prévoyait de doubler les financements publics internationaux consacrés à l’adaptation entre 2019 et  2025, pour les porter à 40 milliards de dollars.

Un « déficit ahurissant »

Alors que l’année 2026 a été « un rappel brutal » du fait que les désastres liés au réchauffement de la planète n’épargnent personne, c’est en cela que le PNUE a estimé l’enveloppe annuelle à 305 milliards de dollars, pour permettre aux pays en développement de pouvoir s’adapter.

Le « déficit » est « ahurissant », a réagi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un message vidéo. « Pour chaque dollar dont les pays en développement ont besoin pour s’adapter, ils n’en reçoivent que 10 cents », ajoutait-il, assurant également que cet écart se mesurait « en vies humaines, en moyens de subsistance et en avenirs perdus ».

« Le monde n’est pas prêt à s’adapter aux conditions climatiques actuelles, et encore moins à celles qui résulteront d’un dépassement du seuil de 1,5 °C », a déclaré dans un communiqué Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Nommée en février 2019 à la tête du programme pour l’environnement, l’économiste danoise a également appelé les Etats à intensifier leurs efforts lors de la COP31 à venir, afin de concrétiser l’objectif – adopté l’an dernier – de tripler les financements de l’adaptation d’ici à 2035.

Mais, même atteint, « une fois ajusté à l’inflation, ce triplement ne couvrirait que 20 % à 29 % des besoins en financement de l’adaptation en 2035 », insiste pour sa part le rapport. « Ce qui fait défaut, ce sont les financements, et la volonté politique, critiquait Antonio Gueterres. Le choix est simple : investir dans l’adaptation aujourd’hui ou payer le prix de la catastrophe demain. »

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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