Du 31 octobre au 10 novembre, Cloud 9 accueille une étape du circuit mondial de surf. Derrière cette vague réservée aux virtuoses, Siargao est aussi une île de mangroves, de cocoteraies et de villages qui changent vite.

Au bout d’une longue passerelle de bois, une tour d’observation domine le récif. C’est là, sur la côte est de Siargao, aux Philippines, que déferle Cloud 9. Une vague qui se lève brutalement, creuse un tube presque parfait avant de s’écraser sur du corail à faible profondeur. Mieux vaut savoir ce que l’on fait avant de s’y aventurer. À partir de ce samedi 31 octobre, les meilleurs surfeurs de la planète vont pourtant s’y mesurer. Pour la première fois, cette petite île du Pacifique, à l’est de Mindanao, accueille une étape du Championship Tour, le circuit d’élite de la World Surf League (WSL).

Jusqu’au 10 novembre, 40 compétiteurs, 24 hommes et 16 femmes, sont attendus pour le Philippines Pro. Parmi eux, le Brésilien Yago Dora, l’Australienne Molly Picklum et plusieurs anciens champions du monde. Les organisateurs disposent de onze jours pour lancer les différentes manches, au gré des conditions de houle.

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Siargao ne doit pas seulement cette promotion à la qualité de ses vagues. En juillet, la WSL a ajouté Cloud 9 à son calendrier pour garantir un nombre suffisant d’épreuves, alors que la tenue de la manche d’Abu Dhabi était compromise. Celle-ci a finalement été annulée en septembre. Les Philippines accueilleront donc l’avant-dernière étape de la saison, avant le rendez-vous final à Pipeline, à Hawaï. Cloud 9 figure également au calendrier de 2027.

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Pour les surfeurs, Siargao n’a rien d’une découverte. Dès les années 1980, quelques voyageurs étrangers commencent à explorer ses récifs. La réputation de Cloud 9 se construit ensuite loin des grands circuits touristiques. Depuis 1996, l’île organise la Siargao International Surfing Cup, devenue une compétition importante du surf asiatique.

L’arrivée du Championship Tour est aussi une affaire locale. John Mark « Marama » Tokong, quatre fois vainqueur de la compétition internationale de Siargao, a obtenu une invitation pour affronter les meilleurs mondiaux sur sa vague d’enfance. « C’était mon rêve lorsque je débutais, enfant », confiait-il en juillet au quotidien philippin The Philippine Star.

Pour les visiteurs qui préfèrent garder les pieds au sec, la passerelle de Cloud 9 permet d’approcher le spectacle. La tour d’observation, endommagée après le passage du typhon Rai en décembre 2021, a d’ailleurs fait l’objet d’une reconstruction cette année. Sur le récif, en revanche, pas question de s’initier au surf : d’autres plages de Siargao offrent des conditions autrement plus accessibles aux débutants.

Au-delà des vagues, une île qui se transforme

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À quelques kilomètres de Cloud 9, General Luna concentre la plupart des hébergements et des restaurants. Les petites pensions de surfeurs côtoient désormais des hôtels plus confortables, des cafés et des adresses ouvertes par des expatriés. L’endroit attire autant ceux qui viennent pour les vagues que les voyageurs en quête d’un séjour tropical, sans programme particulier.

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Il suffit pourtant de quitter cette partie de l’île pour changer de décor. Les routes traversent d’immenses cocoteraies, rejoignent les villages du nord et les plages de Pacifico. À Magpupungko, des piscines naturelles se découvrent à marée basse entre les rochers. Depuis General Luna, des bancas, ces bateaux traditionnels philippins à balanciers, conduisent vers Daku, Guyam et Naked Island, un simple banc de sable au milieu de l’eau.

Sur la côte ouest, près de Del Carmen, le paysage est encore différent. Les mangroves forment un dédale de chenaux que l’on emprunte en bateau pour rejoindre Sugba Lagoon, un lagon entouré de collines boisées, où l’on vient faire du kayak ou du paddle.

Mais cette popularité croissante n’est pas sans conséquences. En mai 2025, Rolling Stone Philippines rapportait les inquiétudes d’habitants face aux déchets, à certains comportements de touristes et à la pression immobilière. Les autorités locales travaillent désormais à améliorer la gestion des déchets, tandis que les constructions et les infrastructures continuent de se développer autour de General Luna.

Longtemps réservée aux initiés, Siargao figure aujourd’hui sur les itinéraires de nombreux voyageurs en Asie du Sud-Est. Avec l’arrivée du circuit mondial, le nombre de ceux qui auront entendu parler de Cloud 9 devrait encore augmenter. Les surfeurs, eux, connaissent déjà le chemin.

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En pratique

Siargao est desservie par des vols intérieurs, notamment depuis Cebu ou Clark. L’aéroport se trouve près de Del Carmen, à environ trois quarts d’heure de route de General Luna. Les meilleures vagues arrivent généralement de septembre à novembre, une période qui peut aussi connaître de fortes pluies. Pour profiter davantage des plages et des excursions en mer, les mois de mars à mai sont souvent plus favorables.

Source: Le Figaro · Yan Bernard-Guilbaud

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