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Les obsèques de Pengo Bossio Wangi, tué dans l’attentat raciste de Trappes, le 23 octobre, se sont déroulées samedi à Guyancourt (Yvelines).

Trappes, Yvelines, 30 octobre 2026. A l endroit ou Pengo Bossio Wangi a ete tue lors de l attentat raciste du 23 octobre, des jeunes filles accrochent a un arbre un portrait du jeune homme en hommage a la victime.

Des centaines de personnes ont assisté, samedi 7 novembre, aux obsèques à Guyancourt (Yvelines) de Pengo Bossio Wangi, tué dans l’attentat raciste de Trappes, le 23 octobre.

« Nous sommes déjà réunis au sein de la famille, mais la douleur, ça nous rassemble encore plus », témoigne Bertine, cousine d’une des grand-mères de la victime.

Elle a revêtu pour l’occasion une robe orange, la famille ayant demandé sur le faire-part des obsèques des « couleurs vives ». « Les gens sont venus de partout », souffle-t-elle, très émue. Non seulement la famille de Pengo Bossio Wangi, ses amis et ses collègues, mais aussi « des gens qu’il ne connaissait pas », ajoute Bertine.

Pengo Bossio Wangi, jeune espoir français des arts martiaux mixtes (MMA), avait 26 ans. Vendredi 23 octobre, Kevin T. l’a tué par balle à Trappes et a fait sept blessés, dont une fillette de 11 ans grièvement touchée à La Verrière, commune voisine.

« C’est important d’être là pour montrer notre solidarité, quelle que soit la religion, la couleur », explique une mère de famille qui requiert l’anonymat. « J’ai grandi [à Trappes], je me sens assez concernée en tant que maman et en plus de la communauté black », confie-t-elle.

« Il y a un innocent qui est tombé, ça veut dire que même quelqu’un qui ne connaissait pas Bolema [Bossio Wangi, le père de la victime] est touché », souligne un homme de 42 ans, venu des Hauts-de-Seine. « Ce fils-là, c’est aussi notre fils à nous, notre frère, notre neveu. »

« Tué parce qu’il était noir »

« Je n’aime pas trop le terme “black, blanc, beur+”, parce que c’est à l’ancienne, un peu has been, mais ça reste un peu ça, regardez », dit un ami de Bolema Bossio Wangi, en montrant la foule autour. « Tout le monde est uni, malheureusement pas pour festoyer mais pour pleurer. »

Lui garde en tête « les médias qui allument le feu » et ont poussé, selon lui, Kevin T. à l’acte. Le suspect a reconnu avoir « spécifiquement ciblé des personnes (…) de type musulman ou africain ou nord-africain », selon le procureur national antiterroriste, Olivier Christen.

Samedi, la mère et deux sœurs de Pengo Bossio Wangi ont appelé, dans un communiqué, les médias et les politiques à « s’interroger sur les discours de haine et sur leur propre responsabilité morale ». Elles ont demandé à « chaque citoyen de ce pays de mesurer à quel point certains discours de haine peuvent gangrener nos esprits ».

Pengo, un « jeune homme de la République (…) tué parce qu’il était noir », était « l’une des plus belles expressions » d’une France « riche de ses talents et de sa diversité », ont-elles relevé. Et « des millions de nos concitoyens s’inquiètent de ce qui pourrait leur arriver en raison de leurs origines ou de leur appartenance religieuse supposée ».

Devant le cimetière de Guyancourt, cette crainte hante aussi les esprits. « Je n’ai jamais autant regardé derrière mon dos depuis que ça s’est passé », témoigne la mère de famille noire de trois enfants de 19, 15 et 10 ans, venue assister aux obsèques. Dès qu’ils « franchissent la porte », « je n’ai qu’une hâte : c’est qu’ils rentrent ».

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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