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Chaque semaine ou presque, des personnes surendettées ont rendez-vous devant le juge des contentieux de la protection. Leurs situations racontent la précarité, marquée par des accidents de la vie et renforcée par la hausse des prix.
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Retrouvez ici tous les articles de notre série « A l’euro près » sur la crise du pouvoir d’achat historique que traversent les Français.
Elle est venue seule face à la juge. Dans la toute petite salle du tribunal judiciaire de Rennes, au complet en ce matin d’audience, le 6 octobre, Mme N. se confie : « Je suis en stage pour un bilan de compétences en ce moment. Normalement, je devrais trouver un travail après ça. » Devant elle, la magistrate l’interroge : « Et donc votre fille vit chez vous, avec son bébé ? Elle vous aide financièrement ? » « Depuis que je suis dans cette situation, elle me verse 100 euros par mois », répond-elle.
Mme N. (les personnes dont le nom n’est pas indiqué s’expriment sous le couvert de l’anonymat) a la cinquantaine, est en invalidité partielle et réside dans un HLM. L’état de ses finances s’est dégradé au point qu’elle ne peut plus payer son loyer. Elle comparaît devant la juge des contentieux de la protection, Maud Casagrande. La commission de surendettement, qui a déjà étudié son dossier, avait statué pour l’effacement de ses dettes. Mais son bailleur a contesté la décision. « Mme N. se mobilise pour trouver un travail. Son résiduel de loyer est de 250 euros. Elle peut peut-être nous rembourser un peu », plaide l’avocat du demandeur sous les yeux de la juge.
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Source: Le Monde · Manon Boquen
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