Publié le 02/11/2026 09:13

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Article rédigé par France 2 - Édité par l'agence 6Medias

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Invitée des 4 Vérités, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s'est exprimée, lundi 2 novembre, sur l'appel à la mobilisation lancé par les syndicats pour le 5 novembre. Ils demandent notamment des augmentations de salaires, mais veulent aussi défendre le pouvoir d'achat et les services publics.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Francis Letellier : À l'aube d'une semaine qui s'annonce cruciale sur le front social, ça commence par un premier test : les lycéens et les étudiants reprendront-ils le chemin des cours ? Il y a déjà des blocages un petit peu partout à Paris, à Lille, à Toulouse. Vous-même, vous avez suivi ce qui s'est passé ces derniers jours autour des étudiants et des lycéens avec le gouvernement qui annonce par exemple revoir Parcoursup, limiter à 28 élèves par classe. Considérez-vous qu'il y a des avancées ?

Sophie Binet : C'est une décision qui appartient aux lycéens et aux étudiants. Je pense qu'ils demandent une seule chose : pouvoir étudier dans de bonnes conditions. Le gouvernement a fait de premières annonces. Il commence à reculer sur un certain nombre de dispositions, notamment Parcoursup. Mais ce que disent les lycéens et les étudiants, c'est que le compte n'y est pas et qu'ils attendent des annonces beaucoup plus claires. Repousser la fin de Parcoursup à 2028 quand ce gouvernement ne sera plus là, l'engagement n'est pas sérieux. Il faut que ça soit dès 2027 et surtout que le gouvernement s'engage très clairement à dire qu'il met fin à toute sélection à l'entrée de l'université.

Vous retrouverez probablement les lycéens et les étudiants à vos côtés, dans la rue jeudi prochain, 5 novembre, tous les syndicats appellent à une grosse journée de mobilisation, de grève aussi autour du pouvoir d'achat, notamment de la défense des services publics. Est-ce que vous vous attendez à une grosse mobilisation ?

C'est l'objectif, le 5 novembre doit être une grande journée de convergence.

Ça signifie quoi ? Parce que les dernières grosses mobilisations où tous les syndicats étaient réunis, c'était par exemple les retraites en 2023. Il y avait plus de 2 millions de personnes revendiquées par les syndicats dans les rues. Est-ce qu'on en sera là ?

Ce sont les salariés qui le décideront. La mobilisation contre la réforme des retraites, c'était un niveau exceptionnel dans notre histoire sociale. Qui dit exceptionnel dit qu'on n'y arrive pas tous les jours. Tous les indicateurs sont au vert sur la réussite du 5 novembre. Ça sera une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes. C'est l'ensemble des organisations syndicales qui appellent. Notre objectif est clair. Nous voulons deux choses. La première, des augmentations de salaire. Ça veut dire une augmentation du smic immédiate de 10%, pas des clopinettes comme ce que nous propose le gouvernement. Nous demandons l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires qui sont très mal traités depuis dix ans. La deuxième est une révision du projet de budget du gouvernement qui, en l'état, est catastrophique pour le pays.

Le ministre du Travail dit attention, si on augmente le SMIC tout de suite de 10%, comme vous le réclamez, ça fera 250 000 emplois qui sont menacés. Vous ne croyez pas à ces chiffres ?

Ce que nous constatons, c'est que les licenciements s'enchaînent et que notre pays est en récession. Le PIB a reculé sur le troisième trimestre.

Le ministre de l'Économie dit que le pays est à l'arrêt. Ça vous inquiète, ça, vous aussi, en tant que responsable ?

Bien sûr, ça fait deux ans que la CGT tire la sonnette d'alarme. Pourquoi est-ce que le pays est à l'arrêt ? À cause de la politique de l'offre d'Emmanuel Macron, qui a déversé des milliards sur les multinationales et les milliardaires, mais qui a appauvri les travailleurs et les travailleuses. Pourquoi est-ce que les entreprises sont en difficulté ? Parce que les salariés ne peuvent plus consommer, ne peuvent plus bien se nourrir, ne peuvent plus partir en vacances, avoir des loisirs. Augmenter les salaires, au contraire, c'est relancer l'économie.

De ce point de vue, vous êtes aussi inquiète que le ministre du Travail ou de l'Économie ?

Justement, pour régler le problème, il faut changer de politique, ne pas faire une politique de l'offre qui nous coûte un pognon de dingue et qui sacrifie nos emplois et les travailleurs et travailleuses, mais faire une politique de la demande : augmenter les salaires pour augmenter la consommation. C'est ce qu'a fait l'Espagne, dont la croissance se porte très bien et la dette a diminué.

Revenons à la journée d'action jeudi prochain. Quel parcours de manifestation vous allez demander à Paris ?

D'abord, je veux rappeler que Paris, ce n'est pas la France. Il y aura dans tout le pays plus de 200 manifestations qui seront organisées et qui sont annoncées sur notre site internet cgt.fr. Nous avons demandé depuis une semaine un parcours simple et classique entre Bastille et la place de la Concorde. Nous attendons toujours la réponse de la préfecture. Ce n'est pas sérieux de travailler dans ces conditions. On a besoin d'avoir les parcours à l'avance pour pouvoir les sécuriser, notamment avec la mairie de Paris. Et donc, il faut que la préfecture nous réponde.

Mais ce n'est pas gagné, car le parcours de la manifestation a déjà été changé.

C'est la première fois, c'est inédit, qu'on interdise les manifestations dans les centres-villes. Ce n'est pas possible.

Pourquoi vous tenez tant aux centres-villes que ça ?

Une manifestation, ça doit pouvoir se voir. On ne va pas se cacher en allant manifester sur le périphérique quand même ! Les revendications pour le 5 novembre, elles sont très importantes. Nous voulons des augmentations de salaires partout. J'appelle tous les salariés à se réunir en assemblée générale sur leur lieu de travail pour décider de la grève et décider de leurs revendications.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.

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Source: Franceinfo · France 2

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