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Une exposition remarquable, intitulée « Musée sentimental », rassemble des œuvres de créateurs-collectionneurs, qui ont accumulé des objets de toutes sortes, d’art ou du quotidien, neufs ou fatigués, moches ou luxueux.
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L’unique avantage certain que l’on puisse trouver à la fermeture pour travaux du Centre Pompidou, à Paris, dont la réouverture serait désormais attendue pour 2032, est que, pour ne pas disparaître, le Musée national d’art moderne fait voyager ses collections. C’est ainsi que le « mur Breton », c’est-à-dire la multitude d’œuvres dada ou surréalistes ainsi que les sculptures, venues pour la plupart d’Océanie, que le poète André Breton (1896-1966) avait associées sur le mur face auquel il écrivait dans son appartement parisien de la rue Fontaine, est aujourd’hui exposé au Musée des beaux-arts de Lyon. Il y est d’ailleurs mieux montré qu’à Paris, car de façon plus intime. Avec lui, sont venus d’autres ensembles qui échappent ainsi pour un temps à la captivité dans des réserves inaccessibles au public.
Ils participent à l’exposition intitulée « Musée sentimental », qui les associe à des éléments conservés à Lyon ou empruntés pour l’occasion. L’accrochage a été conçu par trois commissaires, deux Lyonnaises, Sylvie Ramond, directrice du Musée des beaux-arts, et Isabelle Bertolotti, jusque très récemment directrice du Musée d’art contemporain, et une Parisienne, Sophie Duplaix, du Centre Pompidou. Le résultat est remarquable et réjouissant, tant il multiplie résonances et tensions entre les œuvres.
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Source: Le Monde · Philippe Dagen
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