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Cet Etat frappé par une sécheresse chronique accueille plus des deux tiers des centres de données construits par les géants américains de la tech au Mexique. Les ONG dénoncent l’opacité sur leurs usages en eau et des créations d’emplois nettement moindres que celles qui ont été promises.
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A 30 kilomètres de la capitale de l’Etat de Querétaro, à trois heures au nord de Mexico, la localité de Palo Alto ressemble à tous les villages mexicains : des rues pavées, des maisons colorées, une église et un terrain de football. Palo Alto est entouré de petites parcelles soigneusement cultivées, mais également cerné par des parcs industriels : derrière ces hauts murs, protégés par des caméras et par une sécurité armée à l’entrée, se trouvent les principaux centres de données du Mexique.
Ces espaces industriels semblent avoir poussé comme des champignons entre les champs de maïs et les serres agricoles. Dans sa ferme aux abords de Palo Alto, Noé Martinez raccroche son téléphone d’un air dépité : « Encore un qui veut vendre ses terres : son père est malade, il a besoin d’argent, et je ne peux rien dire contre ça. » Palo Alto est encore régi par le système de l’ejido, une organisation communautaire issue de la révolution agraire de 1920, qui implique une gestion collective de la terre.
Depuis une réforme en 1992, les paysans peuvent vendre leurs parcelles et c’est le « commissaire ejidal », ici Noé Martinez, qui doit acter la vente. « Ce n’est évidemment pas un autre paysan qui va acheter, mais un promoteur immobilier, pour augmenter les parcs industriels », assure cet agriculteur arborant une moustache finement dessinée, sous un large chapeau blanc. A Palo Alto, les habitants savent que leur terre a pris de la valeur, ces dernières années. Mais ils ignorent, pour la plupart, les activités qui se déroulent dans les parcs industriels.
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Source: Le Monde · Anne Vigna
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