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Le Mécanisme européen de stabilité peut prêter jusqu’à 500 milliards d’euros aux pays financièrement étranglés. « Nous n’avons aucune raison d’intervenir à ce stade », assure son directeur général.

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Pierre Gramegna, directeur général du Mécanisme européen de stabilité, et Kyriakos Pierrakakis, président de l’Eurogroupe et ministre de l’économie et des finances de la Grèce, lors de la réunion du conseil des gouverneurs 2026, à Luxembour

Francis Dassyras tient sa revanche. Pendant une douzaine d’années, ce financier grec a dirigé les émissions de dette de son pays. En poste jusqu’en mai 2011, il a connu la spirale des déficits budgétaires, la défiance des investisseurs puis la violence du sauvetage par le Fonds monétaire international (FMI).

Aujourd’hui, il lève de la dette au Luxembourg, dans un organisme chargé de venir au secours des pays qui ne seraient plus capables de se financer : le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui représente l’équivalent du FMI à l’échelle de la zone euro.

Réunis dans un bâtiment sans charme de la périphérie luxembourgeoise, ses 230 salariés ne prêtent plus guère attention à la Grèce : c’est désormais la France qui les préoccupe. D’un pas décidé, Francis Dassyras nous imprime les quelques tableaux qui témoignent du décrochage hexagonal : nous sommes le 27 octobre, et Bercy doit payer des taux d’intérêt de 4,94 % pour convaincre les investisseurs de lui prêter de l’argent. La Grèce paie nettement moins (4,3 %), l’Italie aussi (4,5 %).

Au taux de 1,8 %

Athènes pousse la vertu jusqu’à rembourser de manière anticipée, cette année, l’argent qui lui a été prêté de 2012 à 2015. Cela ne s’est pas fait sans douleur. La Grèce porte encore les stigmates des politiques d’austérité menées. La pension de retraite que recevra Francis Dassyras sera, par exemple, deux fois inférieure à ce qu’il aurait pu espérer avant la crise, explique-t-il.

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Source: Le Monde · Lucie Robequain

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