Coup pour coup. À quelques jours du second tour de la présidentielle brésilienne, Luiz Inacio Lula da Silva et Flavio Bolsonaro passent à l’offensive judiciaire, chacun demandant à la justice d’écarter l’autre de la course, sur fond d’accusations liées à l’utilisation des réseaux sociaux.
Le sénateur conservateur a demandé à la justice, mardi 20 octobre, de disqualifier le président sortant de l’élection présidentielle. Quelques heures plus tôt, le chef de l’État avait annoncé son intention de réclamer la même mesure à l’encontre de son rival.
Les deux candidats s’accusent mutuellement d’irrégularités liées aux réseaux sociaux : Lula dénonce une ingérence de Meta en faveur du sénateur, tandis que ce dernier accuse le président d’abus de pouvoir en raison de la diffusion massive de publications sur WhatsApp.
"Manipulation algorithmique" contre "abus de pouvoir"
Lors du premier tour le 4 octobre, le fils aîné de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro avait créé la surprise en arrivant en tête avec 47 % des suffrages, contre 45 % pour son rival de bientôt 81 ans. Les sondages les donnent techniquement à égalité pour dimanche.
Face à une droite qui domine le sujet depuis des années, la gauche a mis les bouchées doubles pour tenter de combler son retard. Et tente d'être à l'offensive à quelques jours du scrutin.
L'équipe de campagne de Lula a annoncé mardi déposer un recours devant le Tribunal supérieur électoral (TSE) pour annuler la candidature du sénateur de droite. L'action est motivée par une "manipulation algorithmique" de Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, visant à nuire à Lula, a expliqué sous couvert d'anonymat une source au sein de son équipe.
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Le coordinateur de sa campagne, le sénateur Camilo Santana, a ensuite déclaré à la presse que le dépôt de la requête aurait lieu mercredi.
Flavio Bolsonaro, lui, n'a pas attendu : son recours, déposé mardi devant le TSE par ses avocats, évoque un "abus de pouvoir" de la part du dirigeant de gauche.
Il l'accuse d'avoir diffusé massivement sur WhatsApp des contenus promouvant les actions du gouvernement, en pleine période électorale.
"Défaillances" de modération
Meta et les avocats des deux candidats se sont réunis mardi au TSE, a indiqué une source au sein de cette instance.
Lundi, le TSE avait donné à Meta un délai de 24 heures pour démontrer qu'il avait adopté des mesures afin de garantir l'égalité de traitement des deux candidats, sous peine d'une amende d'environ 200 000 dollars par jour.
La compagnie a assuré mardi sur son site Internet avoir "conclu la mise en place des mesures pour satisfaire" à ces exigences.
Meta avait reconnu la semaine dernière des problèmes comme la désactivation par erreur d'annonces de campagne de Lula, mais avait évoqué des "incidents" techniques n'affectant pas seulement le Brésil.
L'état-major de Flavio Bolsonaro a également dénoncé une supposée "offensive de propagande négative menée" par son adversaire "avec l'aval" de Meta.
Mardi, le conseil de surveillance du géant de la tech a déploré des "défaillances récurrentes" dans la modération de Meta sur les contenus en lien avec les élections de mi-mandat aux États-Unis et la présidentielle au Brésil.
Le vétéran de gauche a affirmé pendant la campagne que le gouvernement des États-Unis tentait d'interférer dans les élections en faveur de Flavio Bolsonaro, dont le père, Jair Bolsonaro – détenu pour tentative de coup d'État – est un allié de Donald Trump.
Sans exprimer son soutien direct, le président américain avait salué, après le premier tour, la "belle victoire" du fils Bolsonaro.
Le scrutin est crucial pour l'Amérique latine, le Brésil étant l'un des derniers bastions de gauche face à la vague de droite encouragée par le locataire de la Maison Blanche.
Brasilia a par ailleurs accusé mardi Javier Milei de "tentative d'ingérence" dans le second tour de l'élection présidentielle, après que le président argentin, proche de Donald Trump, a estimé que son homologue brésilien Lula pourrait "voler l'élection".
Avec AFP
Source: France 24 · FRANCE 24
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