Le maire de Trappes (Yvelines), Ali Rabeh. Raphaël LAFARGUE /ABACA

Tandis qu’un hommage se tiendra dans la commune endeuillée ce vendredi soir, l’élu Génération.s appelle à une modification de la Constitution pour rendre la théorie «illégale».

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Une semaine après l’attentat raciste à Trappes (Yvelines), un hommage se tiendra en fin d’après-midi, dans la ville, pour Pengo Bossio Wangi, ce jeune de 26 ans tué par Kevin T. ainsi que pour les sept blessés. Le tireur qui a admis avoir «spécifiquement ciblé des personnes (...) de type musulman ou africain ou nord-africain», a été mis en examen jeudi et placé en détention provisoire.

Pour le maire de la commune endeuillée, Ali Rabeh (Génération.s), il faut rendre «illégale» la théorie du «grand remplacement» dans la loi, partagée selon lui par l’assaillant. Une théorie introduite par Renaud Camus, qui prétend que «la population blanche» serait remplacée par «l’immigration de masse». S’il existe déjà des dispositions qui empêchent l’incitation à la haine raciale, pour l’élu, elles demeurent «insuffisantes».

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«Il faut durcir la loi», réclame-t-il au micro de France Inter. Selon ses mots, il ne s’agit pas «d’interdire des idées», mais bien de «rendre illégale la parole de ceux qui considèrent qu’il y a un ennemi de l’intérieur et qui expliquent, en désignant toute une partie de la population, que ce sont des envahisseurs». Élu maire depuis 2021, il appelle pour cela à «modifier la Constitution».

«Font de l’incitation à la haine leur fond de sauce permanent»

«On peut tout à fait insérer à l’article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse un élément qui indique que nous rendrons dorénavant illégal et nous punirons de peines prévues précisément par l’article 23 de la même loi», explique-t-il. Derrière sa proposition, Ali Rabeh, proche de Benoît Hamon, cible directement l’ex candidat à la présidentielle de 2022, Éric Zemmour, condamné plusieurs fois pour «incitation à la discrimination, la haine ou l’injure raciale».

«Le RN, Reconquête font de l’incitation à la haine leur fond de sauce permanent», a assuré l’homme. Avant d’accuser le Rassemblement national (RN) d’avoir «armé idéologiquement le terroriste», en répandant notamment que la ville de Trappes était «une république islamiste en miniature» . Des autocollants du parti, que Kévin T. a fabriqués, ont été retrouvés à son domicile. Plusieurs responsables de gauche assisteront à l’hommage ce vendredi, à l’instar du leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, des candidats à la présidentielle Raphaël Glucksmann (Place publique) et Marine Tondelier (Les Écologistes).

Source: Le Figaro · Anais Chaline

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