Les États du monde entier se réunissent en Arménie pour une COP17 dédiée à la biodiversité. Objectif : mieux protéger la nature dont nous dépendons et qui nous rend tant de services. Dans le pays hôte, l'Arménie, c'est le sort du lac Sevan qui inquiète. La plus grande réserve d'eau douce du Caucase est en danger alors qu'elle est essentielle pour l'économie et pour des centaines d'espèces d'oiseaux et de poissons, dont certaines sont menacées de disparition. L'État arménien veut restaurer le lac en construisant notamment des réservoirs d'eau en remplacement.
Au-dessus de la plaine de l'Arrarat, en Arménie, le barrage de Vedi vient d'être terminé. Dès qu'il sera plein après la fonte des neiges, il pourra fournir de l'eau à quelque 5 000 agriculteurs en aval pendant la saison sèche. Sergey Sereda, du Fonds de développement territorial arménien (ATDF), explique : « Pour irriguer avant dans la région, il fallait 11 pompes pour aller chercher l'eau du lac Sevan. Le barrage, c'est une réserve de 29 millions de mètres cubes d'eau qu'on ne prendra plus dans le lac, et le tout avec seulement deux pompes. »
De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, car chaque année, 170 millions de mètres cubes d'eau y sont prélevés rien que pour l'agriculture, soit l'équivalent de 68 000 piscines olympiques. Et ce alors qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont augmenter et les besoins en eau aussi.
Et tout cela sans compter l'impact de la production d'hydroélectricité, la surpêche, le tourisme, et la forte pollution, poursuit Zaven Melikjanyan, chargé du projet à l'Agence française de développement qui a aidé à financer le barrage : « Pendant l'époque soviétique, le niveau de l'eau s'est baissé approximativement à 20 mètres. Aussi, la qualité de l'eau est totalement détruite et c'est une catastrophe pour la biodiversité. Cela concerne majoritairement les poissons endémiques qui se trouvent à Sevan. Et donc, avec ce projet de Vedi, avec d'autres projets de réservoirs, on peut bien sauvegarder l'état de Sevan. » De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, pollué et pompé à l'excès depuis presque un siècle.
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En tout, dix barrages doivent être construits dans le pays. C'est le plus grand projet d'infrastructure depuis l'époque soviétique. Objectifs à terme : réaugmenter le niveau du lac Sevan et restaurer sa biodiversité sans sacrifier l'agriculture et ses 8% de PIB. Dans la plaine, il s'agit aussi d'adapter les pratiques agricoles pour éviter le gaspillage de l'eau.
« Vous voyez ces arbres ? Ce sont des abricotiers. J'en ferai des abricots secs. Et entre ces plants, je vais planter une vingtaine de pêchers », raconte Ashot Shargoyan, 70 ans. Il fait partie des quelques paysans qui ont reçu une aide pour l'installation d'un système d'irrigation moderne. Au pied de chacun de ses arbres, un tuyau délivre lentement de l'eau au goutte-à-goutte. « Je suis ravi d'avoir ce système d'irrigation goutte à goutte chez moi, que j'utilise pour cultiver des légumes et des arbres fruitiers. On utilise très peu d'eau, ça fait des économies ! Et la qualité du produit est vraiment excellente. Goûtez mes tomates, elles sont aussi douces que des fruits ! », ajoute-t-il.
Économiser l'eau est d'autant plus important qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont se multiplier et s'intensifier.
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Source: RFI · Jeanne Richard
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