La justice argentine a annoncé vendredi l'identification des restes de huit disparus sous la dictature militaire de 1976-1983, retrouvés dans une fosse commune près d'un ancien centre clandestin de détention, dans la province de Cordoba (centre).
Publié le : 24/10/2026 - 15:43Modifié le : 24/10/2026 - 15:45
2 min Temps de lecture
L'identification, réalisée par l'équipe d'anthropologie médico-légale (EAAF), célèbre pour ses travaux sur les disparus sous la dictature, fait suite à des excavations depuis 2025 sur un terrain jouxtant une caserne qui fonctionnait comme centre de détention, connue comme « La Perla », du nom d'une ancienne hacienda locale.
38 disparus identifiés en un peu plus d'un an
Elles portent à 38 le nombre de disparus identifiés depuis plus d'un an sur ce site. Selon les estimations, au moins 2 200 personnes y ont été torturées et assassinées sous la dictature. Celle-ci a fait quelque 30 000 morts et disparus, selon les organisations des droits humains, un bilan contesté ces dernières années par le président ultralibéral Javier Milei, qui l'estime surévalué, et environ trois fois moindre.
À La Perla, l'équipe de l'EAAF a récupéré des centaines de fragments osseux mêlés appartenant à un nombre indéterminé de victimes, et s'attache depuis à les identifier.
À lire aussi50 ans après le coup d'État en Argentine, comment donner un visage aux disparus de la dictature
Un juge de Cordoba, Hugo Vaca Narvaja, a communiqué l'identité des huit derniers identifiés, quatre femmes et quatre hommes, lors d'une conférence de presse émouvante aux côtés de proches des victimes. « Cela a tout changé, je n'ai plus besoin de prouver qu'elle a disparu, le petit os parle », a déclaré aux journalistes Graciela Pessina, sœur de Cecilia, psychologue enlevée à l'âge de 28 ans le 13 août 1976. L'identification a été possible grâce à un os de sa main « avec laquelle Cecilia a écrit des contes à l'adolescence, a rédigé des travaux d'étudiante, a joué Mozart », a-t-elle déclaré devant une salle comble, ornée de photos de disparus.
Sebastian Soulier, enlevé avec ses parents à l'âge de 5 mois mais confié ensuite à ses grands-parents, a appris que son père, Juan Carlos, figure parmi les identifiés. « Je suis très ému. Cela fait 50 ans que nous cherchons, c'est une victoire collective. Dans ma famille, il reste deux disparus, mon oncle Luis et ma maman », a-t-il déclaré.
Le travail d'identification se poursuivra « jusqu'à la fin », a assuré l'EAAF.
À lire aussiArgentine: 50 ans après le coup d'État de 1976, la mémoire résiste
Source: RFI · RFI avec AFP
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira