Mardi 3 novembre, une cyberattaque a déréglé à distance les équipements frigorifiques de trois sites de l’EFS, faisant grimper les seuils de température jusqu’à des niveaux extrêmes.
Passer la publicité Passer la publicitéAlors que de nombreux supermarchés à travers l’Europe se remettent tout juste de la vague de cyberattaques qui a frappé leurs réfrigérateurs ces derniers jours, après un incident similaire en France mi-octobre, c’est l’un des acteurs essentiels du système de soins dans notre pays qui vient d’être pris pour cible. Mardi 3 novembre, l’Établissement français du sang (EFS) a été victime d’une attaque ayant saboté une partie de ses équipements frigorifiques. «Les installations de supervision et de pilotage de chambres froides déployées sur trois sites de l’EFS ont été touchées», détaille l’établissement dans un communiqué de presse, qui précise que l’incident a touché l’un de ses «prestataires d’équipement frigorifique».
Concrètement, certaines de ses chambres froides, dans lesquelles sont conservés des produits sanguins destinés aux établissements de santé ainsi que des échantillons destinés aux biothèques de l’EFS, ont été déréglées à distance par les pirates. «Des seuils de température et de dégivrage ont été portés à de très hautes températures», précise l’établissement. D’après les informations du Canard enchaîné, ces chambres froides, d’ordinaire maintenues à une température de -30°C, auraient été programmées pour atteindre une température de 110°C. Le prestataire mis en cause serait la société Coolworld, qui équipe les conteneurs de stockage de l’EFS en Bourgogne-Franche-Comté notamment, toujours selon l’hebdomadaire satirique. L’EFS n’a pas confirmé cette information.
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La continuité des activités assurée
La situation est toutefois sous contrôle, assure l’EFS. «Les systèmes de surveillance et d’alarme de l’EFS ont permis d’identifier rapidement ces anomalies et de prendre les mesures nécessaires afin qu’aucun échantillon ou produit sanguin ne soit altéré», rapporte l’établissement. Ainsi, aucune perte de produits sanguins ne serait actuellement à déclarer. «La continuité des activités de prélèvement et de distribution est garantie, au service des patients», poursuit le communiqué. En plus des équipes techniques de l’EFS, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), l’autorité nationale en matière de cybersécurité, s’est emparée du dossier.
Cette attaque rappelle le mode opératoire du piratage qui a visé des centaines de supermarchés en France il y a trois semaines. Dans la nuit du 10 au 11 octobre, les infrastructures frigorifiques des grands distributeurs tricolores ont été ciblées, sabotant un maillon essentiel de la chaîne alimentaire du pays. La brèche dans laquelle se sont engouffrés les pirates provient d’une vulnérabilité des anciennes versions du logiciel du fabricant danois Danfoss, qui équipe une bonne partie des grandes surfaces françaises.
Source: Le Figaro · Jean Kedroff
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