Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

Chronique

Gilles Paris

Editorialiste au « Monde »

Les démocrates savent qu’ils ont moins gagné le 3 novembre que Donald Trump a perdu et que leur image est exécrable, décrypte Gilles Paris, éditorialiste au « Monde » dans sa chronique. Le Parti républicain va devoir, lui aussi, procéder à un droit d’inventaire.

Publié aujourd’hui à 12h00, modifié à 20h02 Temps de Lecture 3 min. Read in English

Article réservé aux abonnés

Le changement n’est pas pour maintenant. Donald Trump a déjà bombardé deux fois l’Iran (série en cours), tué un Guide suprême iranien, kidnappé un chef d’Etat vénézuélien à la légitimité certes douteuse, et lancé des guerres commerciales contre une bonne partie de la planète en piétinant un Congrès républicain pourtant à sa main. Il y a peu de chances que la déroute historique enregistrée lors des élections de mi-mandat, mardi 3 novembre, le détourne de sa trajectoire.

Le changement, pourtant, a déjà débuté à l’intérieur des Etats-Unis tant ces midterms dévaluent celui qui écrase de tout son poids la politique américaine depuis plus d’une décennie. En 2016, en 2020 et en 2024, les élections présidentielles ont porté à la Maison Blanche des septuagénaires, parfois très avancés. Une obligation de renouvellement va s’imposer chez les démocrates comme chez les républicains, et il ne concerne pas que l’état civil.

Les démocrates savent qu’ils ont moins gagné le 3 novembre que Donald Trump a perdu, et que leur image est presque aussi exécrable que celle de l’administration fiscale. La campagne démocrate empêchée de 2024, du fait de l’obstination de Joe Biden (2021-2025) et de son entourage à nier son obsolescence, avait été une première occasion perdue. Le refus d’examiner les causes de la défaite de l’ancienne vice-présidente Kamala Harris, une seconde.

Désordre

La prochaine primaire présidentielle sera la première depuis une décennie qui ne se sera pas phagocytée par l’omniprésence de Donald Trump. Les démocrates vont devoir exposer leur vision des Etats-Unis et de leur place dans le monde. De la réponse à ces questions découlera le choix de la personne qui incarnera le camp démocrate.

Depuis l’affrontement entre la candidate institutionnelle Hillary Clinton et le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders, lors de la primaire présidentielle de 2016, le Parti démocrate est souvent réduit à l’opposition entre une aile gauche très discrète sous les présidences de Bill Clinton (1993-2001) et de Barack Obama (2009-2017), et une aile présentée comme modérée. Une note de l’European Council on Foreign Relations (ECFR) publiée en amont des élections de mi-mandat suggère un découpage plus subtil entre « révolutionnaires », « rénovateurs » et « revivalistes ». Les premiers veulent renverser la table, les deuxièmes réajuster ses pieds car elle est bancale, quand les troisièmes estiment qu’elle retrouvera naturellement son équilibre en la débarrassant du désordre laissé dessus par Donald Trump.

Il vous reste 57.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: Le Monde · Gilles Paris

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira