Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

L’institution ecclésiastique exprime son «profond soutien» aux victimes et appelle à ne pas céder à «une spirale de violence.»

Passer la publicité Passer la publicité

Quelques jours après les violences survenues aux abords de la Foire Saint-Romain, à Rouen (Seine-Maritime), le diocèse a tenu à exprimer son soutien aux jeunes catholiques agressés le 31 octobre, tout en appelant à ne pas laisser s’installer une spirale de violence. Dans un communiqué publié mercredi, l’institution ecclésiastique fait part de sa «très vive réprobation» face à ces faits. «Le diocèse exprime son profond soutien aux personnes victimes et leur souhaite un prompt rétablissement», poursuit le communiqué.

Une réaction qui intervient après les témoignages recueillis par Le Figaro  auprès de plusieurs membres du groupe agressé, dont quatre ont déposé plainte pour des violences à caractère discriminatoire. Les faits remontent à samedi dernier. Martin, 24 ans, et douze de ses amis s’étaient rendus à la Foire Saint-Romain après un dîner d’anniversaire. Selon leur récit des évènements, alors qu’ils cheminaient en chantant des chants scouts et catholiques, notamment au niveau du pont Gustave-Flaubert, ils auraient été pris à partie par plusieurs dizaines d’individus qui les auraient qualifiés de « fachos ». Les victimes rapportent également avoir essuyé des insultes telles que « sales Blancs », avant d’être rouées de coups de poing et de pied.

Passer la publicité

Le bilan est lourd. Trois jeunes ont été transportés aux urgences de Rouen, notamment pour des nez cassés, une pommette fracturée ou une fracture avec enfoncement du plancher orbital. Martin a lui aussi passé la nuit à l’hôpital après avoir été violemment frappé à la tempe. Le diocèse, qui rappelle qu’une enquête est en cours, estime que «c’est à la justice qu’il appartient de faire maintenant toute la lumière sur les faits et d’établir les responsabilités».

«Pour que l’amour du prochain forme le socle des relations sociales»

Le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, avait confirmé la réception de quatre plaintes pour « violences en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion ». Les investigations ont été confiées à la Division de la criminalité territoriale. Les images de vidéoprotection du secteur sont notamment en cours d’exploitation. Aucun suspect n’avait été interpellé mercredi matin.

L’institution religieuse entend aussi prévenir toute réaction en chaîne. «Il appartient aussi à chaque citoyen, personnellement et collectivement, de ne pas se laisser emporter par une spirale de violence, y compris verbale», insiste-t-elle. Avant de rappeler la nécessité de «discerner les causes réelles et de lutter de toutes ses forces pour que l’amour du prochain forme le socle des relations sociales». Une mise en garde qui s’inscrit dans la continuité de la condamnation de toute forme de violence exprimée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, dans un précédent communiqué du 19 octobre, deux jours après les violences et pillages du 17 octobre.

Source: Le Figaro · Nicolas Daguin

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira