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Avec neuf coprévenus, il était poursuivi pour avoir planifié l’attaque à main armée d’un centre-fort à Bochum, en Allemagne.

Le braqueur français Antonio Ferrara, au palais de justice de Bruxelles, le 30 mars 2026.

Figure du grand banditisme, le Français Antonio Ferrara a été condamné à treize ans de prison par le tribunal de Bruxelles, jeudi 5 novembre. Avec neuf coprévenus, il était poursuivi pour avoir planifié l’attaque à main armée d’un centre-fort à Bochum, en Allemagne, un lieu où les banques stockent leurs avoirs (billets, bijoux…). Le projet a été mis en échec in extremis par une coopération policière franco-belge.

Agé de 53 ans, Antonio Ferrara est bien connu de la justice en France, où il a été condamné pour des braquages et une tentative de meurtre, ainsi que pour deux évasions de prison, ce qui lui a valu le surnom de « roi de la belle ».

Dans la nuit du 26 au 27 février 2025, une partie des prévenus ont « cessé leur progression à quelques centaines de mètres du centre-fort parce qu’ils ont vu les gyrophares des services de police allemands », a décrit le président du tribunal.

L’affaire était jugée à Bruxelles car c’est la police belge qui avait déjoué le plan en opérant un vaste coup de filet à Eupen, dans l’est de la Belgique, non loin de la frontière allemande. Le passage à l’acte était alors imminent, d’après les enquêteurs. Des membres du groupe étaient déjà allés repérer l’établissement ciblé, utilisant des voitures volées dans lesquelles la police a saisi des armes et des explosifs le jour de son intervention.

En 2024, la justice française avait ouvert une enquête sur une association de malfaiteurs, qui avait finalement mené vers ce projet allemand auquel Antonio Ferrara a activement pris part, selon le jugement.

« Déclarations fluctuantes et changeantes »

Pour mettre en cause les dix suspects, l’accusation s’est appuyée sur des écoutes téléphoniques et de multiples surveillances. Concernant Antonio Ferrara, son ADN a été « retrouvé sur la crosse d’une arme de guerre et sur plusieurs objets dans une voiture, cagoule, cache-cou et munitions », a énuméré le président du tribunal.

La justice belge a aussi mis en cause ses « déclarations fluctuantes et changeantes » avec un « manque complet de crédibilité ». Antonio Ferrara avait notamment expliqué qu’il allait à Eupen « pour le carnaval », a relevé le président du tribunal. Durant le prononcé du jugement, le « roi de la belle » s’est absenté quelques minutes, glissant « Je me casse » en souriant. Il a finalement bien repris sa place aux côtés des autres accusés. Fin août, le parquet de Bruxelles avait requis dix-huit ans de prison à son encontre.

Sorti de prison en 2022 en France, après avoir purgé sa dernière condamnation en date, Antonio Ferrara comparaissait libre à Bruxelles, après quelques mois de détention provisoire l’an dernier.

Il contestait sa participation au projet criminel. Son avocat Olivier Martins estimait que les analyses ADN n’étaient pas fiables et assurait que le voyage de son client en Belgique avec plusieurs amis avait pour but d’acheter des voitures. « Aucune arme n’a été retrouvée dans le véhicule où se trouvait Antonio Ferrara » lors de son arrestation, avait aussi fait savoir Olivier Martins, auprès de l’Agence France-Presse, peu avant le procès.

Jugement repoussé de deux semaines

Initialement prévu le 23 octobre, le jugement avait été repoussé de deux semaines, sans explication de la part du président du tribunal. L’audience, entamée au printemps 2026 et qui s’est prolongée au-delà de la coupure estivale, a été marquée par de multiples incidents de procédure et contestations de la part des avocats de la défense.

Parmi les neuf coprévenus figurent un des frères d’Antonio Ferrara, Massimiliano, qui a écopé de neuf ans de prison, et d’autres figures du grand banditisme en région parisienne, dont Walid Tarsim, condamné à dix ans de détention.

Un suspect de nationalité algérienne, Yacine Bentouati, était aussi jugé pour avoir renversé en voiture un policier des unités spéciales en tentant d’échapper au coup de filet à Eupen. Il a écopé de douze ans de prison.

Le jugement a souligné le « caractère professionnel des faits » et la « violence extrême » que représentaient les prévenus, avec des « armes de guerre, véhicules volés, plaques d’immatriculation volées, trouvailles de gilets pare-balles et explosifs ».

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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