ENTRETIEN - Les deux économistes publient une enquête fouillée sur la « galaxie paritaire ». Ils retracent les dérives du syndicalisme à la française, qui dispense aujourd’hui les syndicats de chercher des adhérents, et plaident pour une réforme d’ampleur de notre système.
André Zylberberg est directeur de recherche émérite au CNRS et à l’École d’économie de Paris. Pierre Cahuc est professeur au département d’économie de Sciences Po depuis 2018. Tous deux spécialistes du marché du travail, ils viennent de publier « La Dérive. Une histoire du modèle social français » (Albin Michel).
LE FIGARO. - À six mois de l’élection présidentielle, une partie des Français sont dans la rue à l’appel des syndicats. Ces événements illustrent-ils la thèse que vous défendez dans votre livre ?
ANDRÉ ZYLBERBERG. - Il existe un paradoxe bien connu : la France est un des pays où les syndicats sont les plus puissants institutionnellement, alors qu’ils sont très faibles en nombre d’adhérents, avec moins de 8 % de syndiqués dans le secteur privé. Pourtant, les partenaires sociaux ont un pouvoir considérable sur la sphère sociale : assurance-chômage, formation professionnelle, assurance-maladie, retraites complémentaires, complémentaires santé. Ces organismes brassent…
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Source: Le Figaro · Ronan Planchon
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