La jeunesse allemande se mobilise. Des manifestations ont eu lieu samedi 31 octobre en Allemagne, lancées par le collectif "GenZ regelt" ("la Génération Z s'en charge"). Des dizaines de milliers de jeunes ont réclamé davantage de moyens pour l'éducation, s'inspirant du mouvement français. Des heurts ont eu lieu en fin de parcours entre les policiers et les manifestants.

Sur son site, "GenZ regelt" proteste contre la misère des écoles, la vie chère et l'éventuelle réintroduction du service militaire. Elle alerte également sur le réchauffement climatique.

Des milliers de policiers ont été déployés dans des dizaines de villes, dont Berlin, Francfort (centre) et Cologne (ouest), et à l'issue de manifestations pour la plupart pacifiques, des tensions ont surgi dans la soirée dans différentes villes.

Des défilés ont été temporairement interrompus à Cologne et ainsi qu'à Francfort après que des protestataires ont lancé des engins pyrotechniques.

À Cologne et Hambourg, la police a utilisé des canons à eau pour disperser la foule, affirmant que des protestataires avaient ciblé les services de secours avec des feux d'artifice. À Francfort, les policiers ont aussi utilisé canons à eau et gaz lacrymogène.

"Des incidents impliquant des jets de pierres et de feux d'artifice à l'encontre des services d'urgence continuent de se produire", a déclaré la police sur X.

À Berlin, des protestataires ont lancé des bouteilles et des œufs, tandis que d'autres ont mis le feu à des barricades à Hambourg.

Les manifestants ont brandi des pancartes avec les inscriptions "Il est temps de résister" ou le chancelier Friedrich "Merz doit partir".

"Nous descendons dans les rues pour une existence accessible à tous", a déclaré Veronika Dinter, porte-parole du mouvement "GenZ regelt". "Plus personne ne croit encore en un avenir meilleur si tout continue comme ça", a-t-elle poursuivi.

Critiquant "l'extrême manque de transparence" du mouvement "GenZ regelt", la BSK, organisation officielle regroupant les représentants des élèves des différentes régions allemandes, ne devait pas participer aux manifestations de samedi. Elle appelle à manifester "pacifiquement" le 20 novembre prochain pour de "meilleures conditions d'éducation".

Car, comme dans de nombreux pays d'Europe, les élèves d'Allemagne, nation particulièrement vieillissante, voient se réduire les moyens octroyés pour les écoles, lycées et universités. Avec de fortes disparités néanmoins car l'éducation est dans ce pays du ressort des États régionaux et non de l'État fédéral.

Un mouvement pacifiste

Le nombre de manifestants est apparu inférieur aux prévisions des organisateurs. Selon les organisateurs, quelque 170 000 personnes s'étaient inscrites en ligne pour manifester dans les villes d'Allemagne.

À Cologne, ils étaient plusieurs milliers, 5 000 à Berlin, et 8 000 à Francfort selon la police.

Les autorités avaient redouté que les manifestations, coïncidant avec la fête de Halloween, ne soient entachées par des violences comme dans d'autres pays européens.

Inquiet d'une possible participation de militants radicaux venus de l'étranger, le ministère allemand de l'Intérieur a indiqué être en contact avec les autorités françaises et italiennes.

Il souligne toutefois qu'il convient de distinguer les "manifestations étudiantes pacifiques" d'une "mouvance extrémiste violente" qui pourrait chercher à détourner les rassemblements.

Dans un entretien à l'hebdomadaire Stern paru vendredi, la ministre allemande de la Famille, Karin Prien (CDU, droite), a exhorté les jeunes manifestants à ne pas se laisser "instrumentaliser par l'extrême droite ou l'extrême gauche".

Le mouvement "GenZ regelt" insiste sur son rejet de la violence. "Les groupes extrémistes, les symboles anticonstitutionnels, le racisme et les discours de haine n'ont pas de place chez nous - peu importe de quel côté ils viennent", assure-t-il.

Avec AFP

Source: France 24 · FRANCE 24

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