L'Union nationale des groupements des épiceries sociales et solidaires estime à 60 millions d'euros le montant des réductions d'impôt accordées pour ces denrées qui finissent à la poubelle.

Article rédigé par franceinfo - Catherine Pétillon (France Culture)

Radio France

Publié le 29/10/2026 10:24

Temps de lecture : 1min

Le secteur de la grande distribution à La Réunion (IPR)
Le secteur de la grande distribution à La Réunion (IPR)

La grande distribution bénéficie de millions d'euros de réductions d'impôt pour des dons alimentaires dont une partie finit directement à la poubelle, dénonce une étude de l'Union nationale des groupements des épiceries sociales et solidaires (UGESS), rapporte France Culture jeudi 29 octobre. Selon l'organisation, qui accompagne près de 150 épiceries sociales et solidaires, 16% des produits donnés par les grandes surfaces sont directement jetés par les associations, notamment parce qu'ils sont périmés ou trop abîmés pour être consommés. L'UGESS estime à 60 millions d'euros le montant des réductions d'impôt accordées pour ces denrées finalement jetées.

Depuis 2016, les commerces alimentaires de plus de 400 m² ont l'obligation de proposer une convention de don à une association d'aide alimentaire. En contrepartie, ils peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt égale à 60% de la valeur des dons, dans les limites prévues par la loi. Mais ce dispositif présente plusieurs "dérives", selon l'UGESS, qui souligne que les dons de la grande distribution représentent environ 40% des denrées distribuées par les associations d'aide alimentaire.

Outre le chiffre de 60 millions d'euros de réductions d'impôt liées à des produits abîmés ou périmés, l'organisation dénonce le temps consacré au tri de ces denrées non consommables par les bénévoles et salariés des associations, évalué à 22 000 heures par an au sein de son réseau.

L'organisation pointe également la mauvaise qualité nutritionnelle des dons, dont près de 30% sont des produits ultratransformés, selon son étude. "Avec cette source d'approvisionnement, on n'arrive pas à proposer une alimentation qui soit suffisamment saine", explique au micro de France Culture Maxime Fritzen, chargé de plaidoyer de l'UGESS. Ces produits sont destinés à des personnes qui "souffrent de manière très forte des inégalités sociales de santé, et qui souffrent plus que la moyenne d'hypertension artérielle, de diabète, d'obésité, de surpoids", souligne-t-il. L'UGESS estime à environ 100 millions d'euros les réductions d'impôt dont bénéficie la grande distribution pour ces produits ultratransformés.
Que ce soit parce qu'ils sont trop abîmés ou ultratransformés, ce sont "autant de produits bénéficiant d’une défiscalisation, dans un contexte de crise de pouvoir d’achat et de rejet par le Sénat de la proposition de loi 80 produits sains à prix coûtant", dénonce l'UGESS, qui réclame davantage de soutien politique et financier aux programmes d’approvisionnement en propres des associations, afin qu’elle puisse choisir et améliorer la qualité de l’alimentation qu’elles proposent.

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