Baptisée «Serengeti III», l’opération a également permis le démantèlement de 10.909 réseaux malveillants. 105 millions de dollars américains de fonds illicites ont par ailleurs été récupérés.
Passer la publicité Passer la publicitéElle est présentée par Interpol comme «l’une des plus grandes opérations de lutte contre la cybercriminalité jamais menées en Afrique». L’opération «Serengeti III» a permis l’arrestation de 1462 suspects dans 21 pays entre le 29 juin et le 31 août. 10.909 réseaux malveillants ont par ailleurs été démantelés et 105 millions de dollars américains de fonds illicites récupérés. Dans le viseur de l’organisation policière basée à Lyon : la fraude cybernétique, les rançongiciels, les escroqueries par usurpation d’identité via des courriels professionnels (BEC), les escroqueries en ligne et l’extorsion numérique.
«Les autorités ont identifié 65.929 victimes ciblées par des réseaux cybercriminels, ce qui souligne l’ampleur et la sophistication des menaces numériques actuelles. Les enquêtes financières ont établi un lien entre ces activités criminelles et des pertes dépassant 385 millions de dollars américains», complète Interpol dans un communiqué publié ce jeudi 22 octobre. Selon cette même source, l’intelligence artificielle facilite de plus en plus les activités de cybercriminalité à travers le continent. Dans un rapport publié en août, l’organisation soulignait déjà le rôle croissant de l’IA, à laquelle elle attribue 55 % des cybercrimes signalés en Afrique.
«Les réseaux de cybercriminels opèrent sans se soucier des frontières, exploitant la technologie pour cibler leurs victimes à une échelle sans précédent», observe Neal Jetton, directeur du service de lutte contre la cybercriminalité d’Interpol. Celui-ci rappelle par ailleurs que, face à une cybercriminalité toujours plus transnationale, la coopération internationale demeure l’un des moyens les plus efficaces pour démanteler les réseaux criminels et protéger les populations contre les menaces numériques.
365 ressortissants étrangers arrêtés
L’opération «Serengeti III» a bénéficié du soutien de partenaires du secteur privé. Ces derniers ont fourni aux enquêteurs des analyses techniques et une expertise opérationnelle, aidant ainsi les autorités à identifier des cibles, à cartographier les réseaux criminels et à soutenir les activités d’enquête dans toute la région. Des domaines suspects, des adresses IP et des infrastructures de commande et de contrôle liées à des activités criminelles ont également été transmis.
C’est en Ouganda que les autorités ont procédé au plus grand nombre d’arrestations parmi les opérations détaillées par Interpol. Deux réseaux transnationaux de fraude ont été démantelés et 365 ressortissants étrangers arrêtés. Ils sont soupçonnés d’être liés à des escroqueries en ligne portant sur des investissements et des retraites, qui ciblaient des victimes à travers l’Asie. Les enquêteurs ont découvert un système de centres d’appels utilisant des communications préenregistrées, de fausses plateformes de trading et des sites Internet frauduleux. L’objectif : convaincre des retraités d’investir dans des placements fictifs.
En Angola, les autorités ont démantelé deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies. Neuf suspects ont été arrêtés et plus de 2000 appareils de minage saisis, ainsi que six postes de transformation électrique illégaux. La valeur de ces infrastructures électriques est estimée à plus d’un million de dollars, précise Interpol, qui fait également état au Nigeria d’une arrestation d’un suspect à l’origine d’une opération à grande échelle d’hameçonnage et de compromission de messageries professionnelles. Celle-ci a permis de récolter des identifiants logiciels et de collecter environ 2,1 millions d’adresses e-mail. Les enquêteurs ont également saisi un véhicule de luxe soupçonné d’avoir été acheté avec des produits du crime.
Escroquerie à l’investissement
Une autre enquête nigériane a ciblé un réseau international d’escroquerie à l’investissement qui faisait la promotion de placements frauduleux sur des applications de messagerie. L’arrestation d’un suspect a permis aux enquêteurs financiers de retracer des mouvements de fonds de plus de 2,4 millions de dollars, issus d’activités criminelles présumées. Une grande partie de ces sommes aurait été blanchie au moyen de transactions en cryptomonnaies.
Ailleurs sur le continent, les autorités ont démantelé un réseau d’applications mobiles frauduleuses de prêt en Tanzanie, mis fin à une escroquerie à l’importation de véhicules organisée sur les réseaux sociaux au Gabon et arrêté 30 suspects liés à une opération de cybercriminalité en République du Congo. Plusieurs enquêtes découlant de l’opération “Serengeti III” sont toujours en cours pour identifier d’autres suspects, retracer les produits illicites et analyser les preuves numériques saisies au cours de l’opération.
Source: Le Figaro · Ilian Valet
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira