Par Le Figaro avec AFP
Publié le 28/10/2026 à 20h01
Le prédicateur a été condamné début mars à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir «préparé» les conditions «d’une infraction terroriste» en menant une cabale conclue par l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty.
Passer la publicité Passer la publicitéLa plainte pour violation du secret de l'enquête déposée par les avocats du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, condamné à 15 ans de réclusion dans l'affaire Paty, a été classée sans suite, a appris l'AFP mercredi de source proche du dossier.
Cette plainte, déposée mi-septembre pour violation du secret de l'enquête, violation du secret professionnel et recel de ces infractions, a été classée sans suite le 12 octobre au motif du secret des sources, selon cette même source. Le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) a noté que le principe du secret des sources rendait impossible l'identification du ou des auteurs des faits dénoncés, à les supposer établis. Le prédicateur a été condamné début mars à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir «préparé» les conditions «d'une infraction terroriste» en menant une cabale conclue par l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty. Il s'est pourvu en cassation après confirmation de sa peine en appel.
Contestation de ce classement sans suite
Dans un communiqué fin septembre, ses conseils --Mes Vincent Brengarth, Colomba Grossi, Francis Vuillemin et Ouadie Elhamamouchi-- avaient estimé que des informations relatives à la garde à vue le 17 octobre 2020 d'Abdelhakim Sefrioui, «qui, par leur nature et leur précision, ne pouvaient être connues que des enquêteurs et des personnes concourant à la procédure», avaient été communiquées à la presse. En parallèle, ajoutaient-ils, une page consacrée à Abdelhakim Sefrioui avait été publiée sur le site Wikipédia «au moment même où débutait sa première audition», contenant «des éléments biographiques et factuels inexacts, voire fabriqués de toutes pièces».
«Le principe du secret des sources, dont l'application est, au demeurant, à géométrie variable, est essentiel. Il ne saurait toutefois faire obstacle à toute investigation, notamment lorsqu'il s'agit d'identifier les contributeurs de la fiche Wikipédia consacrée à notre client», a réagi Me Vincent Brengarthr, sollicité mercredi par l'AFP. «Dans ce dossier, la question est celle de la fabrication d'un ennemi d'État par la diffusion d'informations non établies. Nous envisageons naturellement de contester ce classement sans suite», a-t-il ajouté.
Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a été assassiné en 2020 par un jihadiste tchétchène, Abdoullakh Anzorov. M. Sefrioui, qui n'avait pas été en contact avec l'assassin et n'avait pas eu connaissance de son projet criminel, a été condamné pour avoir été l'un des initiateurs de la campagne de haine en ligne contre le professeur. Après la confirmation de sa peine en appel, M. Sefrioui s'est pourvu en cassation, estimant que sa condamnation marquait une extension inédite et excessive de l'association de malfaiteurs terroriste.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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