Par Le Figaro avec AFP

Publié le 06/11/2026 à 22h48

L’université américaine de Cornell est dans la tourmente. Matt Burkhartt / REUTERS

Le président de la prestigieuse université américaine, Michael Kotlikoff, essuie un désaveu de ses enseignants après des critiques sur sa gestion d’une affaire de viol collectif présumé survenue en 2024.

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Le corps professoral de l'université américaine Cornell, secouée par une accusation de viol en réunion sur une étudiante, a adopté vendredi une motion de défiance dénonçant la gestion des violences sexuelles par les dirigeants du prestigieux établissement. Les représentants des enseignants au sein du sénat de l'université n'ont pas le pouvoir de destituer les administrateurs mais leur vote constitue un sévère désaveu pour le président de l'établissement, Michael Kotlikoff, mis en cause directement par cette jeune femme.

La résolution met en doute «la capacité de l'administration centrale à traiter efficacement la crise persistante des agressions sexuelles à l'université Cornell». Au terme d'une semaine de vote électronique, soixante-quinze des représentants des enseignants ont voté en faveur de cette résolution, cinquante ont voté contre et cinq se sont abstenus, selon des chiffres officiels postés sur le site de Cornell.

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L'affaire a éclaté en septembre dernier, lorsque l'ancienne étudiante a saisi la justice civile pour des faits intervenus en 2024. Celle-ci dit avoir été violée à l'âge de 20 ans par sept étudiants membres d'une fraternité (une association étudiante masculine), alors qu'elle avait consommé de l'alcool et de la kétamine, un puissant anesthésiant.

Manque de soutien

Dans une lettre adressée aux représentants du corps enseignant, elle a reproché à Michael Kotlikoff son manque de soutien. Les sanctions imposées aux agresseurs présumés, allant de la suspension à l'expulsion, ont également été jugées insuffisantes par certains observateurs. Une enquête externe indépendante examine la gestion du dossier par l'établissement, confiée à Sally Yates, ex-procureure générale adjointe des États-Unis, deuxième plus haute fonction au sein du ministère de la Justice.

L'affaire a également suscité de vives critiques à l'encontre des procureurs qui n'ont engagé aucune poursuite en 2024, malgré une première plainte, estimant ne pas disposer de preuves suffisantes. Une enquête criminelle a depuis été rouverte au sein du bureau de la procureure de l'État de New York, Letitia James, confiée à une ex-procureure fédérale impliquée notamment dans l'enquête pour violences sexuelles contre le rappeur P. Diddy, Jacqueline Kelly.

Ces révélations ont déclenché une vague d'indignation sur le campus et au-delà, beaucoup y voyant le symbole d'une culture misogyne et violente liée aux fraternités restant trop souvent impunie. Selon une étude publiée en 2020 par l'Association des universités américaines et portant sur 33 établissements, un quart des étudiantes en équivalent licence (bachelor's degree) indiquaient avoir été victimes d'un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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