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Trappes, Yvelines, 30 octobre 2026. Place des Merisiers, plusieurs milliers de personnes se rassemblent a l appel du maire, Ali Rabeh, pour rendre hommage aux victimes de l attentat terroriste raciste commis une semaine plus tot a Trappes e
Hervé Lequeux/HANS LUCAS pour « Le Monde »

Par Sandrine Cassini et Jean-Philippe Rémy

Publié aujourd’hui à 05h00

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ReportageL’émotion était palpable, vendredi, lors de la cérémonie organisée par Ali Rabeh, le maire (Génération.s) de la commune, une semaine après l’attaque terroriste qui a coûté la vie à une personne et en a blessé sept autres. L’édile était entouré de responsables de toute la gauche, mais les personnalités du bloc central étaient absentes.

Près du square Louis-Pergaud, juste avant la cérémonie organisée vendredi 30 octobre par le maire (Génération.s) de Trappes (Yvelines), Ali Rabeh, après l’attentat raciste qui a frappé la ville le 23 octobre, une sœur de Pengo Bossio Wangi cloue une photo de son frère, au pied de l’arbre frappé d’impacts où celui-ci a été tué. Il y a quelques fleurs posées sur le tronc, presque rien. La ville est comme atone, blessée, sonnée.

Youssef, le paysagiste qui est tombé nez à nez avec Kevin T., le tueur qui l’a épargné par miracle, se repasse la scène en boucle. Il voit la blessure au flanc du jeune homme de 26 ans, son agonie sur le trottoir. Il croit même se rappeler que ce dernier tenait une canette à la main et qu’il l’a vue exploser. Enfin, ça, il n’en est plus tout à fait certain.

Souad et Fatiha, la quarantaine passée, n’ont pas laissé sortir leurs enfants depuis une semaine. « Ça aurait pu m’arriver à moi », s’effraie encore la première, qui avait emprunté ce jour-là le même chemin que le tueur avant qu’il ne commette son crime, et blesse sept personnes, dont une petite fille de 11 ans. Comme les milliers de personnes réunies vendredi soir (12 000 selon la mairie), les deux femmes d’origine algérienne en veulent à BFM-TV et surtout à CNews, et craignent l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir en 2027. « Ça a empiré, je n’ai jamais vu autant de racisme. Mais qui fait tourner la France ? Les “renoi” et les “rebeu”. L’extrême droite, avant, ils se retenaient, maintenant, c’est vraiment la parole libérée », se désole Fatiha (les personnes citées par leur seul prénom n’ont pas souhaité donner leur nom). « CNews et BFM, si vous les écoutez, les problèmes, c’est toujours les étrangers », avance aussi Lamya, une trentenaire, qui, « étant voilée » a encore plus peur qu’avant.

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Source: Le Monde · Sandrine Cassini, Jean-Philippe Rémy

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