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Tribune

Khuong Nguyen Huy

Doctorant en sciences de gestion

Thao Duyen Tran

Doctorante en sciences de gestion

Alors que les politiques de prévention s’adressent d’ordinaire aux enfants, elles devraient être étendues aux adultes, qui, d’après plusieurs études, sont nombreux à utiliser leur smartphone pendant les repas, au détriment des échanges familiaux, affirment les doctorants Khuong Nguyen Huy et Thao Duyen Tran, dans une tribune au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min.

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Une fillette raconte sa journée d’école pendant que son père, qui hoche la tête de temps à autre, continue de faire défiler son fil d’actualité sur son téléphone. Personne n’a quitté la table, mais la conversation se fait à moitié. Depuis des années, le débat public sur les écrans se concentre sur les enfants : combien de temps, à quel âge, quels contenus ?

Ces questions sont légitimes. Elles laissent pourtant de côté ce qui se passe de l’autre côté de la table. Certes, les recommandations officielles prévoient qu’il n’y ait pas d’écrans pendant les repas et invitent les parents à réduire leur propre utilisation de ceux-ci devant leurs enfants, mais on retient presque toujours la première partie de la consigne. On demande ainsi aux enfants d’apprendre à se détacher des écrans sans faire des usages des adultes un objet explicite de prévention.

Les données disponibles montrent que les adultes sont largement concernés. Une enquête publiée en juin dans [la revue] JAMA Pediatrics et menée auprès de 357 familles américaines révèle que 77,6 % des parents ont utilisé un média pendant le dernier repas familial, contre 68,7 % des enfants. En France, l’agence Santé publique France rappelle qu’une personne sur trois s’informe ou regarde des vidéos à table.

Distraction

Or, le repas n’est pas un moment anodin. Le sociologue Claude Fischler a souligné, en 2011, que la commensalité, c’est-à-dire le fait de manger ensemble, participait au lien social bien au-delà de la nutrition, et que, pour l’enfant, cela représentait aussi l’un des moments où il apprenait à parler, à écouter et à attendre son tour.

En France, la cohorte EDEN [une cohorte mère-enfant qui s’intéresse aux déterminants pré- et post-natals précoces du développement et de la santé des enfants] a observé que les petits de 2 ans qui mangeaient avec la télévision allumée présentaient des scores de langage plus faibles, quel que soit leur temps d’écran total, en particulier parce que les adultes leur parlaient moins.

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Source: Le Monde · Khuong Nguyen Huy, Thao Duyen Tran

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