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Chronique

Françoise Fressoz

Editorialiste au « Monde »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », revient sur les violences qui ont émaillé les quinquennats d’Emmanuel Macron, dont celles du 17 octobre.

Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 4 min.

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Cela fait plusieurs années déjà que la France est confrontée à l’ultraviolence charriant son cortège de blessés, de dégradations de monuments publics et de scènes de pillage qui laissent pantois le citoyen ordinaire. L’ultraviolence avait marqué les dernières années du quinquennat de François Hollande lors de la contestation des lois El Khomri qui visaient à libéraliser le marché du travail. Le même type de violences avait accompagné le mouvement des « gilets jaunes » en 2018, puis ce furent les émeutes urbaines de l’été 2023, consécutives à la mort du jeune Nahel, tué à bout portant par un policier lors d’un contrôle d’identité à Nanterre.

Un nouveau cycle de violence vint saluer, au printemps 2026, un événement pourtant festif, la qualification du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Cinq mois plus tard, « la convergence des luttes » entre lycéens et « gilets jaunes », dont l’ampleur avait été mal anticipée par les pouvoirs publics, a donné lieu à des débordements spectaculaires, samedi 17 octobre, débouchant sur plus de 2 000 interpellations et 217 incarcérations. A chaque fois que ces violences se produisent, la démocratie est ébranlée. Non seulement parce que les revendications qui ont suscité ces cortèges sont reléguées au second plan, mais parce que, un à un, les droits fondamentaux se trouvent fragilisés. Le droit de manifester subit des restrictions à travers l’instauration de couvre-feux localisés ou d’interdictions de certains cortèges non encadrés.

Samedi 24 octobre, Paris avait des allures de citadelle assiégée lors de la nouvelle journée de manifestations qui a mobilisé plus de 70 000 policiers, gendarmes et pompiers. De quoi alimenter la rancœur de la plupart des manifestants qui se trouvent pris en otages entre les forces de l’ordre et les casseurs. La justice se trouve, elle, sommée de juger rapidement, sous la pression d’une opinion publique chauffée à blanc, de jeunes interpellés qui ne bénéficient pas toujours des droits de la défense auxquels ils pourraient prétendre.

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Source: Le Monde · Françoise Fressoz

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