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Au Forum des Halles, à Paris, un musicien passe dans la zone soumise au couvre-feu.
BENJAMIN CARROT POUR « LE MONDE »

Par Hélène Bekmezian

Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 09h43

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RécitDans cette semaine d’entre-deux mobilisations sociales, la capitale est restée comme abasourdie par les événements du 17 octobre. Alors que l’« acte II » de la mobilisation va se tenir samedi 24, les commerçants se sont improvisés bricoleurs pour protéger leur pas-de-porte.

Il y a un bruit spécifique qui s’échappe des rues de Paris ces jours-ci, côté rive droite. Dans le 11e arrondissement, aux alentours de la place de République, ou près de la rue de Rivoli… Partout, ce même vrombissement aigu, cette rumeur mécanique des scies sauteuses manœuvrées ici et là pour découper des planches dans des panneaux de bois aggloméré.

A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, samedi 24 octobre, et encore traumatisés par les violences du week-end précédent, nombre de commerçants parisiens s’improvisent bricoleurs pour se barricader. Sur ces vitrines de fortune, des riverains sont parfois venus griffonner des mots de soutien : « Bon courage ma chérie », « De tout cœur avec vous », « Avec toute notre solidarité ».

Dans cette semaine d’entre-deux, la capitale est restée comme abasourdie par les événements du 17 octobre. Sur la voirie, le plus gros des débris a été retiré en quelques jours et ne restent, par endroits, que des marques de bitume calciné, stigmates des incendies de véhicules. Leurs carcasses sont amassées un peu plus loin en tas de cadavres de métal, bientôt enlevés par des bulldozers de la Mairie. Samedi, plus d’un millier de vélos en libre-service ont aussi été détruits. L’entreprise JCDecaux a compté 76 éléments de mobilier urbain endommagés dont 45 Abribus et 22 kiosques et la Ville de Paris a fait savoir que près de 80 feux tricolores avaient été « dégradés ».

Surprises par l’intensité des émeutes, les institutions jouent la surenchère sécuritaire. Jeudi 22 octobre, une trentaine de camionnettes de police s’apprêtaient à encadrer une manifestation étudiante dans le 13e arrondissement, finalement interdite. Dès 10 heures, plusieurs stations de métro étaient fermées « en raison d’une manifestation », alors qu’en surface, tout était calme. Pour samedi, la municipalité appelle les habitants à « rentrer leurs poubelles et leurs vélos » et plusieurs grands musées n’ouvriront pas. La vie parisienne ne s’est pas arrêtée mais elle reste en suspens.

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Source: Le Monde · Hélène Bekmezian

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