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Francois Hollande a la Maison de l'Amerique latine le soir de sa victoire au 2eme tour des primaires socialistes en vue de l'election presidentielle de 2012. Paris, FRANCE- 16/10/2011/Credit:RUET/SIPA/1110241643
RUET / RUET/SIPA

Par François Krug

Publié aujourd’hui à 05h15

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RécitDécor des soirées électorales du Parti socialiste, les salons feutrés de cette institution située boulevard Saint-Germain, à Paris, ont vu passer les leaders anti-impérialistes sud-américains. Mais le lieu a aussi accueilli des événements organisés par la droite et l’extrême droite. La MAL risque aujourd’hui l’expulsion. La Banque de France, propriétaire des murs, vient de les mettre en vente.

Entre l’Assemblée nationale et Matignon, au 217 du boulevard Saint-Germain, la Maison de l’Amérique latine occupe deux hôtels particuliers du XVIIIᵉ siècle, cachant un des plus beaux jardins du quartier. Ce matin d’octobre, la table est dressée avec soin dans un des salons : la vingtaine d’ambassadeurs latino-américains en poste à Paris sont attendus pour leur déjeuner mensuel. Comme à leur habitude, ils ont convié une personnalité française qui doit les éclairer sur l’état du pays – aujourd’hui, Nathalie Loiseau, ancienne ministre des affaires européennes et porte-parole de la campagne présidentielle d’Edouard Philippe.

Mais les ambassadeurs parleront aussi d’immobilier. Depuis leur précédent déjeuner, le quotidien numérique d’enquête La Lettre a révélé que la Banque de France, propriétaire de ces bâtiments, les avait mis en vente. Des milliardaires, de Bernard Arnault à Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du Monde), étudient le dossier. La Maison de l’Amérique latine, qui célèbre cette année son 80ᵉ anniversaire, est menacée d’expulsion et de fermeture.

Ce serait la disparition d’une institution imaginée par le général de Gaulle à la Libération comme un geste de reconnaissance pour le soutien des pays d’Amérique latine à la France libre, et un espace consacré à la culture, aux mondanités et à la diplomatie parallèle. On y a reçu aussi bien Fidel Castro (1926-2016), le Líder Máximo cubain, que Mario Vargas Llosa (1936-2025), le Prix Nobel de littérature péruvien. Le sort de la Maison de l’Amérique latine émeut, dans le petit monde politique parisien : c’est un lieu chargé d’histoire, un repère, en particulier pour la gauche.

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Source: Le Monde · François Krug

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