Pour sécuriser le congrès du RN, samedi à Orléans, le ministère de l'Intérieur a déployé les grands moyens en vue de la venue de dizaines de milliers de manifestants anti-RN, qui se sont invités pour l'occasion.

Radio France

Publié le 24/10/2026 07:30

Temps de lecture : 2min

Manifestation lors du congrès du RN à Mâcon, le 1er mai 2026. (Thibaut Magnien / MAXPPP)
Manifestation lors du congrès du RN à Mâcon, le 1er mai 2026. (Thibaut Magnien / MAXPPP)

Tous les regards sont braqués sur la ville d'Orléans, samedi 24 octobre, où se tient le congrès du Rassemblement national. L'événement est prévu de longue date par le parti, qui compte réélire Jordan Bardella à sa tête et officialiser la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Mais des dizaines de milliers de manifestants anti-RN sont également attendus dans la préfecture du Loiret ce samedi matin.

Un dispositif massif a été prévu par le ministre de l'Intérieur pour éviter tout affrontement, avec 3 000 policiers et gendarmes mobilisés. Une seule manifestation sera autorisée, ce week-end : la marche organisée par une cinquantaine d'organisations, syndicats et partis politiques de gauche, en présence notamment d'Olivier Faure, le patron du PS, et de Bally Bagayoko, le maire insoumis de Saint-Denis.

Les manifestants ne devraient pas pouvoir approcher le palais des Congrès d'Orléans, où le RN se réunit. Tous les autres rassemblements prévus ce week-end dans la ville sont interdits. Pour cause, les autorités s'attendent à voir débarquer à Orléans 2 000 à 3 000 "éléments radicaux", avec le risque majeur que ces militants de gauche se retrouvent face aux 5 000 militants du RN attendus aujourd'hui et jusqu'au double - 10 000 - dimanche.

Des commerces barricadées dans le centre d'Orléans, le 23 octobre 2026 (CHRISTOPHE BENNET / RADIO FRANCE)
Des commerces barricadées dans le centre d'Orléans, le 23 octobre 2026 (CHRISTOPHE BENNET / RADIO FRANCE)

Du côté du RN, officiellement, on n'est pas inquiet : "Nous sommes confiants", répète-t-on dans l'état-major du parti, où on se dit rassuré par les moyens exceptionnels mis en œuvre par les autorités. Mais, hors micro, les élus avec qui nous en avons discuté sont beaucoup moins sereins : "Franchement, mon mari est inquiet", nous confie une députée RN du sud de la France, qui raconte, à moitié sérieuse, qu'elle installerait bien un lit de camp dans le palais des Congrès pour ne pas avoir à en sortir du week-end.

Des consignes de sécurité ont été envoyées aux militants comme aux élus. Le parti leur déconseille, par exemple, de fréquenter les bars et restaurants du centre-ville. D'ailleurs, tous les repas seront pris sur le site du Congrès et les réservations d'hôtel ont été faites sous des noms d'emprunt, nous raconte un député dans l'organisation.

C'est donc dans ce contexte que Marine Le Pen doit officiellement lancer sa campagne, avec un discours d'une quarantaine de minutes demain devant ses militants. L'allocution s'articulera autour de trois axes : "la renaissance de la France" - c'est son slogan de campagne - la puissance et son modèle de présidence. Selon son attaché de presse Andréa Kotarac, la candidate n'a pas prévu de s'attarder sur la situation sécuritaire du pays, ni de commenter les manifestations contre le RN. "Cette séquence est à double tranchant, explique un proche de Marine Le Pen, on est perçu comme le parti de l'ordre et ça se voit dans les sondages. Mais en même temps, la crainte de nouvelles émeutes si on arrive au pouvoir peut finir par nous desservir."

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Source: Franceinfo · Pierrick Bonno

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