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Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a proposé à Ottawa un statut de « membre associé » qui irrite au plus haut point à Paris et à Berlin. Le premier ministre canadien, Mark Carney, doit, lui, composer avec une opposition qui émet des réserves.

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Le premier ministre canadien, Mark Carney (à gauche), écoute la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours annuel sur l’état de l’UE, au Parlement européen, à Strasbourg, le 16 septembre 2026.

Une drôle de bataille agitait les diplomates européens à deux jours du début du sommet entre l’Union européenne (UE) et le Canada, qui doit se tenir à Montréal (Québec) jeudi 29 et vendredi 30 octobre. Sur le fond, ils sont tous d’accord : neuf mois après le brillant discours de Mark Carney au Forum de Davos (Suisse), il faut resserrer les liens entre les pays partageant des valeurs communes face aux Etats-Unis, à la Chine ou la Russie, qui piétinent les règles internationales. « Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car, si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu », avait prévenu, en janvier, le premier ministre canadien.

Mais, sur la forme, il y a une difficulté. Lors de son discours sur l’Etat de l’UE, à Strasbourg, le 16 septembre, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a proposé au Canada qu’il devienne un « membre associé » de l’UE, sans avoir consulté au préalable les Etats membres sur un statut qui n’existe pas, et dont personne ne sait ce qu’il recouvre. A Paris comme à Berlin, on n’a pas apprécié.

« Je n’ai pas connaissance que nous ayons été sondés. Ce n’était pas dans le discours qu’elle nous a envoyé [avant de le lire à Strasbourg], précise un proche de l’Elysée. Personne ne conteste la volonté de se rapprocher du Canada, mais créer un concept dont on n’a jamais entendu parler, le statut de membre associé, amène beaucoup de réserves. Pourquoi ne pas le donner aussi à la Corée du Sud ? »

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Source: Le Monde · Sophie Fay, Alexandre Lepoutre

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